🍊 Servier muscle la production du Daflon, le veinotonique n°1 mondial
Le Daflon, ce médicament à base d’orangettes (oranges non mûres) lancé il y a 35 ans, continue son incroyable carrière.
En 2024, il a généré 622 millions d’euros de ventes, ce qui en fait le veinotonique le plus vendu au monde. Et la demande ne faiblit pas : elle a augmenté de 10 % l’an dernier 📈
Pour suivre le rythme, Servier a investi 150 millions d’euros dans une nouvelle unité de production à Bolbec, en Normandie, où le principe actif est fabriqué.
Cette unité vient remplacer l’ancienne, avec une capacité équivalente de 1.500 tonnes par an (contre 1.600 tonnes pour l’ancienne), qui sera totalement arrêtée d’ici trois ans.
Mais Servier ne s’arrête pas là : il investit aussi 82 millions d’euros dans une seconde unité en Hongrie, à Budapest, dans l’usine de sa filiale Egis.
Ensemble, les deux sites permettront de produire jusqu’à 3.000 tonnes par an du principe actif, contre 1.600 actuellement.
📦 Objectif du labo :
sécuriser et doubler la production pour être capable de fournir 150 millions de boîtes de Daflon d’ici 2035, et passer de 55 à 75 millions de patients traités en 2033.
🌍 Pourquoi un tel effort ?
Parce que les maladies veineuses progressent dans le monde : 30 % de la population mondiale en souffrirait, soit 2,2 milliards de personnes, avec une croissance de 4 % par an, particulièrement en Europe de l’Est et en Amérique latine.
🧾 Et même si le Daflon n’est plus remboursé en France depuis 2008, 60 % de ses ventes restent européennes. Mais la France, elle, n’est plus que cinquième en volume.
🇺🇸 Côté géopolitique, le Daflon échappe aux menaces de droits de douane de Trump, puisqu’il n’est pas vendu aux États-Unis, mais il est présent en Chine depuis 2020, ce qui justifie aussi l’augmentation de la capacité de production.
🔋 À noter : la nouvelle unité de Bolbec inclut une station de traitement des effluents et un système de méthanisation des déchets pour tendre vers une quasi-autonomie énergétique.
Sources : Les échos - 25 mars 2025
🇺🇸 Trump déstabilise la pharma mondiale avec sa croisade anti-ARNm
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Robert F. Kennedy Jr. (son ministre de la Santé), connu pour son opposition aux vaccins, mène une chasse aux programmes financés par fonds publics, avec des conséquences directes sur la pharma :
🔬 L’ARN messager est devenu un mot à éviter. Une enquête de KFF Health News révèle que les NIH conseillent désormais aux chercheurs de ne plus mentionner "ARNm" dans leurs demandes de financement. Pas moins de 130 programmes utilisant cette technologie sont concernés.
🧪 Premier impact :
Moderna pourrait perdre les 590 millions de dollars promis par l’ancienne administration pour finaliser son vaccin ARNm contre la grippe aviaire, actuellement sans concurrent américain sur le marché.
🦠 Autre victime potentielle :
le financement de la prévention du VIH, avec 700 millions de dollars de coupes envisagées sur les 1,3 milliard alloués aux CDC. Le labo Gilead, leader mondial dans le traitement du VIH, voit son cours chuter depuis la fuite de cette information : de 112 dollars à moins de 105 dollars.
💉 Gilead développe pourtant le lenacapavir, un traitement préventif du VIH injecté deux fois par an, efficace à 100 %, et qui pourrait générer plus de 6 milliards de dollars de ventes annuelles d’ici 2030… à condition qu’il y ait toujours une demande publique solvable.
🌍 Sur le plan international, les États-Unis ont gelé leur aide à l’OMS et à l’USAID, qui avait versé 4 milliards de dollars à l’Afrique subsaharienne en 2023 pour lutter contre le VIH. Résultat : 2.200 chercheurs dans 44 pays perdent leur poste à l’université Johns Hopkins.
🌈 Enfin, la politique de Trump pousse les labos à revoir leurs engagements en matière de diversité :
- Roche a annoncé la fin de sa politique de diversité au niveau mondial.
- Novartis a supprimé toute mention de l’égalité des chances sur la version américaine de son site.
📊 Pour les groupes pharmaceutiques, difficile de prendre le risque de perdre le marché américain, qui représente 54 % du chiffre d’affaires de Roche et 49 % de celui de Sanofi.
Sources : Les échos - 24 mars 2025