Les patients s'autodiagnostiquent moins bien avec ChatGPT qu'avec un simple moteur de recherche, selon une étude d'Oxford
Le constat est contre-intuitif.
Une étude publiée le 9 février 2026 dans Nature Medicine révèle que les utilisateurs de ChatGPT obtiennent un diagnostic correct dans seulement 37 % des cas, contre 45 % avec une recherche classique sur internet.
L'étude, menée par le chercheur Andrew M. Bean de l'université d'Oxford, a mobilisé près de 1 300 participants britanniques. Chacun devait simuler des symptômes à partir de dix scénarios médicaux, puis interroger le chatbot d'OpenAI.
Le problème n'est pas l'IA elle-même. Quand on lui soumet directement la liste clinique des symptômes, ChatGPT identifie la bonne maladie dans 95 % des cas. LLama 3 (Meta) atteint même 99 %.
Le maillon faible, c'est l'interaction humaine.
Les participants ne transmettaient pas toutes les informations pertinentes. Ils posaient des questions trop fermées — du type « est-ce lié au stress ? » — ce qui restreignait les réponses de l'IA. Quand plusieurs diagnostics étaient proposés, ils ne choisissaient pas forcément le bon.
L'étude comporte une limite assumée : un patient fictif ne décrit pas ses symptômes comme un vrai malade. Le chercheur le reconnaît, sans remettre en cause la tendance observée.
Autre nuance importante : seules des IA généralistes ont été testées. Pas des outils spécialisés comme Infermedica, conçus pour le diagnostic médical avec un questionnement structuré.
Le message est clair : un chatbot grand public, sans cadre adapté, n'est pas encore fiable pour l'autodiagnostic.
Sources : Le Monde - 9 février 2026
Le sénateur Laurent Duplomb dépose une nouvelle proposition de loi pour réintroduire deux néonicotinoïdes interdits en France
Le sujet revient sur la table.
Le 2 février 2026, le sénateur LR Laurent Duplomb a déposé au Sénat une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser temporairement deux pesticides interdits en France : l'acétamipride et le flupyradifurone. Deux néonicotinoïdes — une famille d'insecticides accusée de nuire aux pollinisateurs et à la santé humaine.
Son premier texte, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel en août 2025, avait déclenché une vague de contestation massive. Une pétition avait recueilli plus de 2,1 millions de signatures.
Cette fois, le sénateur cible quatre filières précises : la cerise, la betterave, la noisette et la pomme. Il justifie ce périmètre restreint par des études de l'INRAE identifiant ces cultures comme étant en « impasse totale » sans solution phytosanitaire alternative.
Du côté scientifique, la position est plus nuancée.
Une revue de la littérature publiée en 2023 par la biologiste Lucia Zuscikova conclut que l'acétamipride pourrait être génotoxique, reprotoxique et neurotoxique pour les mammifères. Le chimiste Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS, considère que nier la nocivité de cette molécule relève d'une aberration scientifique.
Des rassemblements ont eu lieu le 7 février dans plusieurs villes françaises — 300 personnes à Lille, 150 à Lyon, une centaine à Bordeaux — à l'appel de plus de 80 organisations.
Le débat arrive à l'Assemblée nationale le 11 février 2026. Les discussions ne pourront toutefois pas modifier l'issue du texte.
Sources : Libération - 9 février 2026