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Le Brief du 10/02 : Eli Lilly | ChatGPT | Taxe sur les surfaces commerciales

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du mardi 10 février 2026.

Vous êtes 3 872 à nous lire ce matin.

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D'ailleurs, un grand merci pour votre engagement sur la plateforme pharm6.fun — vous avez été plus de 2000 visiteurs en à peine 10 jours !

Bricep de la société HAVAS est toujours en tête du classement en ce moment, suivi de près par Nicmedou et Billy (Université de Tours) qui intègre le top 3 ! Let's goooo ⚡️

Pour rappel, Pharm6.fun est une plateforme qui vous permet d’interagir avec vos actus pharma afin de mieux les comprendre.

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Aussi, nous avons d’ailleurs reçu des demandes de la part de deux entreprises souhaitant communiquer des news internes via une plateforme similaire à pharm6.fun (en marque blanche avec un espace confidentiel dédié), afin d'engager davantage leurs collaborateurs.

Avant de coder cette fonctionnalité, nous aimerions savoir s’il s’agit d’un besoin spécifique et/ou si cela pourrait intéresser d’autres structures.

Si c’est le cas, écrivez-nous : Votre espace Pharm6 💌

En attendant, ce matin sur https://pharm6.fun/

Enjoy !

Eli Lilly va acquérir la biotech Orna Therapeutics pour un montant pouvant atteindre 2,4 milliards de dollars

Nouvelle offensive d'Eli Lilly dans l'immunologie.

Le 9 février 2026, le laboratoire américain a annoncé la signature d'un accord pour racheter Orna Therapeutics, une biotech spécialisée dans l'ingénierie des cellules immunitaires, pour un montant total pouvant atteindre 2,4 milliards de dollars en numéraire.

L'accord comprend un paiement initial et des versements conditionnés à l'atteinte de jalons cliniques.

La technologie d'Orna repose sur de l'ARN circulaire — une forme d'ARN conçue pour programmer les propres cellules du patient afin qu'elles produisent des thérapies directement dans l'organisme. Ces molécules sont associées à de nouvelles nanoparticules lipidiques pour atteindre leur cible.

Le programme phare s'appelle ORN-252. Il vise à développer une thérapie CAR-T — un type d'immunothérapie où les lymphocytes T du patient sont reprogrammés — pour traiter les maladies auto-immunes liées aux lymphocytes B.

L'enjeu est de taille.

Les premières thérapies CAR-T ont montré des résultats prometteurs dans les maladies auto-immunes. Le problème : leur fabrication est complexe, coûteuse et logistiquement lourde, car réalisée en dehors du corps du patient (approche dite ex vivo). La technologie d'Orna permettrait de s'en affranchir.

Lilly a précisé que l'acquisition serait intégrée à ses résultats financiers et prévisions.

Sources : Zonebourse - 9 février 2026


La FDA accuse Novo Nordisk de publicité trompeuse pour la version en comprimé de Wegovy

Coup de semonce pour Novo Nordisk.

Le 9 février 2026, le Bureau de la promotion des médicaments sur ordonnance de la FDA (l'autorité sanitaire américaine) a adressé une lettre au laboratoire danois. Motif : la publicité télévisée pour la pilule Wegovy est jugée « fausse ou trompeuse ».

Le reproche est précis.

Selon la FDA, la publicité suggère que la forme en comprimé de Wegovy constitue une avancée — en termes d'efficacité ou de sécurité — par rapport aux autres traitements à base de GLP-1 (les agonistes du récepteur au peptide-1 de type glucagon, utilisés contre l'obésité). Or, rien dans les données approuvées ne permet de l'affirmer.

Novo Nordisk a confirmé avoir reçu la lettre. Le laboratoire indique prendre ces retours « très au sérieux » et travailler à une réponse auprès de la FDA.

Cette alerte intervient dans un contexte de concurrence féroce avec Eli Lilly sur le marché américain des traitements anti-obésité, où les dépenses publicitaires dépassent les 500 millions de dollars par an pour Novo.

Sources : Zonebourse - 9 février 2026

Les patients s'autodiagnostiquent moins bien avec ChatGPT qu'avec un simple moteur de recherche, selon une étude d'Oxford

Le constat est contre-intuitif.

Une étude publiée le 9 février 2026 dans Nature Medicine révèle que les utilisateurs de ChatGPT obtiennent un diagnostic correct dans seulement 37 % des cas, contre 45 % avec une recherche classique sur internet.

L'étude, menée par le chercheur Andrew M. Bean de l'université d'Oxford, a mobilisé près de 1 300 participants britanniques. Chacun devait simuler des symptômes à partir de dix scénarios médicaux, puis interroger le chatbot d'OpenAI.

Le problème n'est pas l'IA elle-même. Quand on lui soumet directement la liste clinique des symptômes, ChatGPT identifie la bonne maladie dans 95 % des cas. LLama 3 (Meta) atteint même 99 %.

Le maillon faible, c'est l'interaction humaine.

Les participants ne transmettaient pas toutes les informations pertinentes. Ils posaient des questions trop fermées — du type « est-ce lié au stress ? » — ce qui restreignait les réponses de l'IA. Quand plusieurs diagnostics étaient proposés, ils ne choisissaient pas forcément le bon.

L'étude comporte une limite assumée : un patient fictif ne décrit pas ses symptômes comme un vrai malade. Le chercheur le reconnaît, sans remettre en cause la tendance observée.

Autre nuance importante : seules des IA généralistes ont été testées. Pas des outils spécialisés comme Infermedica, conçus pour le diagnostic médical avec un questionnement structuré.

Le message est clair : un chatbot grand public, sans cadre adapté, n'est pas encore fiable pour l'autodiagnostic.

Sources : Le Monde - 9 février 2026


Le sénateur Laurent Duplomb dépose une nouvelle proposition de loi pour réintroduire deux néonicotinoïdes interdits en France

Le sujet revient sur la table.

Le 2 février 2026, le sénateur LR Laurent Duplomb a déposé au Sénat une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser temporairement deux pesticides interdits en France : l'acétamipride et le flupyradifurone. Deux néonicotinoïdes — une famille d'insecticides accusée de nuire aux pollinisateurs et à la santé humaine.

Son premier texte, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel en août 2025, avait déclenché une vague de contestation massive. Une pétition avait recueilli plus de 2,1 millions de signatures.

Cette fois, le sénateur cible quatre filières précises : la cerise, la betterave, la noisette et la pomme. Il justifie ce périmètre restreint par des études de l'INRAE identifiant ces cultures comme étant en « impasse totale » sans solution phytosanitaire alternative.

Du côté scientifique, la position est plus nuancée.

Une revue de la littérature publiée en 2023 par la biologiste Lucia Zuscikova conclut que l'acétamipride pourrait être génotoxique, reprotoxique et neurotoxique pour les mammifères. Le chimiste Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS, considère que nier la nocivité de cette molécule relève d'une aberration scientifique.

Des rassemblements ont eu lieu le 7 février dans plusieurs villes françaises — 300 personnes à Lille, 150 à Lyon, une centaine à Bordeaux — à l'appel de plus de 80 organisations.

Le débat arrive à l'Assemblée nationale le 11 février 2026. Les discussions ne pourront toutefois pas modifier l'issue du texte.

Sources : Libération - 9 février 2026

La biotech marseillaise Vect-Horus accélère la commercialisation de ses vecteurs capables de transporter des médicaments dans le cerveau

Vingt ans de patience. Et enfin, le déclic commercial.

Vect-Horus, biotech marseillaise née en 2005, a développé une technologie unique : des vecteurs biologiques — des peptides et fragments d'anticorps — capables de franchir la barrière hématoencéphalique. En clair : acheminer des médicaments dans le cerveau, un organe naturellement protégé contre les grosses molécules.

Depuis son premier accord de licence avec RadioMedix en 2022, l'entreprise a signé plus de vingt contrats de collaboration. La moitié l'an dernier. Six sont des accords de licence.

Deux partenariats majeurs structurent la montée en puissance.

Le premier, avec le californien Ionis Pharmaceuticals, spécialisé dans les maladies neurologiques (montant confidentiel). Le second, avec Novo Nordisk, pour un montant de 327 millions de dollars versés progressivement, couvrant trois programmes de recherche.

Deux vecteurs se distinguent. L'un cible les récepteurs au LDL (lipoprotéines qui transportent le cholestérol) : il est en essai clinique de phase I pour le diagnostic du glioblastome, la tumeur cérébrale la plus fréquente chez les personnes âgées. L'autre se lie à la transferrine, une protéine de régulation du fer : c'est sur cette voie que travaillent Ionis et Novo Nordisk.

Au total, Vect-Horus a mobilisé 40 millions d'euros (fonds propres, subventions, crédit d'impôt recherche) depuis sa création. L'entreprise emploie 45 personnes et développe déjà de nouveaux vecteurs pour d'autres organes, notamment les poumons.

Le CNRS, dont l'entreprise est un spin-off, la présente comme l'une de ses 15 success-stories parmi un millier de sociétés créées à partir de ses laboratoires.

Sources : Les Echos - 9 février 2026.

La FSPF demande un aménagement de la taxe sur les surfaces commerciales applicable à certaines pharmacies

Certaines officines paient une taxe pensée pour les grandes surfaces. La FSPF veut changer cela.

Les pharmacies de plus de 400 m², ouvertes après 1960 et réalisant un chiffre d'affaires annuel supérieur à 460 000 euros HT, sont assujetties à la TASCOM (taxe sur les surfaces commerciales). Une taxe qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par an.

Le problème : cette taxe traite l'officine comme n'importe quel commerce de détail — un hypermarché, une station-service ou un caviste.

Pour la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), c'est une anomalie. Une part du chiffre d'affaires des pharmacies est réalisée sans marge (médicaments remboursés à prix réglementé). La pharmacie est un lieu de santé, pas un commerce classique.

Philippe Besset, président de la FSPF, a obtenu un rendez-vous avec la direction générale des finances publiques (DGFiP) pour exposer ces arguments. L'objectif : adapter le calcul de la TASCOM au secteur pharmaceutique.

Le dossier est en cours. Aucune décision n'a encore été annoncée.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien - 9 février 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

Votre espace Pharm6 💌

C'est 100% anonyme.

Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

Vous avez des questions ? Contactez nous sur insta (nous répondons plus vite que Mbappe) !


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