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Le Brief du 3/02 : Novo Nordisk | Laits infantiles | Phoenix OCP

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du mercredi 4 février 2026.

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Le Keytruda rapporte toujours autant, mais Merck MSD prépare déjà l’après-2028 et a généré 31,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

En 2025, le Keytruda a généré 31,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires. C’est près de la moitié des revenus totaux de Merck MSD. Une performance exceptionnelle, mais fragile.

En France, le médicament est aussi devenu le plus coûteux pour l’Assurance Maladie : 2,1 milliards d’euros dépensés pour 60 000 assurés en un an. C’est un record, aux côtés d’un autre anticancéreux, le Darzalex.

La raison de cette hégémonie tient à sa nature : le Keytruda fait partie des premières immunothérapies mises sur le marché en 2014. Ce type de traitement réactive le système immunitaire pour qu’il s’attaque aux cellules cancéreuses. Résultat : un bouleversement dans la prise en charge de certains cancers.

Mais la success story touche à une limite : le brevet du Keytruda expire en 2028.

Merck MSD le sait. Et s’organise.

Pour compenser la future perte, le groupe a investi 9 milliards de dollars dans la biotech californienne Cidara, qui développe une alternative aux vaccins traditionnels. Il a aussi tenté de racheter Revolution Medicines, autre acteur de l’oncologie, à un prix situé entre 28 et 32 milliards de dollars. Sans succès, la négociation a échoué fin janvier.

Le besoin de diversification est urgent, d’autant que les ventes de Gardasil, le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), sont en chute libre. -39 % sur un an, à 5,2 milliards de dollars. La Chine, désormais autonome sur ce segment, ne dépend plus du vaccin américain.

Malgré tout, le chiffre d’affaires de Merck MSD pourrait encore progresser en 2026, entre 65,5 et 67 milliards de dollars, selon les prévisions. C’est peu, mais c’est toujours mieux que rien.

Sources : Les échos - 3 février 2026


Novo Nordisk anticipe une baisse de 13 % de ses ventes et profits, une première depuis des années

Autre ambiance chez Novo Nordisk.

Le groupe danois, connu pour ses traitements contre l’obésité et le diabète, a prévenu qu’en 2026, ses ventes et ses bénéfices pourraient baisser jusqu’à 13 %.

Ce serait la première contraction depuis le lancement du Wegovy, son médicament phare, en 2021.

L’annonce est tombée le 3 février, elle aussi. Et les raisons sont multiples.

La première est politique : le président Donald Trump a mis en place une pression forte sur les prix des médicaments aux États-Unis. Le sémaglutide, principe actif du Wegovy et de l’Ozempic, est directement concerné.

La deuxième est concurrentielle : le Zepbound de Lilly, un injectable similaire, a dépassé le Wegovy en nombre de prescriptions outre-Atlantique. Les brevets commencent aussi à tomber dans certains pays.

Résultat : la Bourse a réagi violemment, avec une chute de 12 % de l’action Novo Nordisk. L’entreprise a perdu les deux tiers de sa valorisation depuis son pic de 2024.

Novo espère se relancer grâce à la version comprimé du Wegovy, dont le lancement aux États-Unis a démarré. Deux départs au sein de la direction ont été annoncés, accompagnés d’une réorganisation stratégique.

Pour l’instant, la prévision médiane de ventes reste légèrement négative (-1 %), mais le résultat opérationnel a déjà baissé de 14 % au dernier trimestre 2025. L’année 2026 s’annonce donc compliquée.

Sources : Zonebourse - 3 février 2026

40 % des cancers dans le monde pourraient être évités selon l’OMS, mais la prévention reste largement insuffisante

Le 3 février 2026, une étude du CIRC (l’agence cancer de l’OMS) a mis des chiffres clairs sur un sujet sensible : près de 4 cancers sur 10 dans le monde seraient évitables.

En 2022, cela représentait 7,1 millions de cas liés à des facteurs modifiables. Traduction : des causes sur lesquelles on peut agir — comme le tabac, l’alcool, l’obésité, la pollution ou certaines infections.

Trois facteurs dominent : le tabac (3,3 millions de cas), les infections (2,2 millions) et l’alcool (700 000). Ensemble, ils expliquent l’essentiel des cancers évitables, notamment du poumon, de l’estomac et du col de l’utérus.

En France, le tabac reste le premier facteur chez les hommes (22,3 % des cas), suivi par l’exposition professionnelle. Chez les femmes, les principales causes sont les infections, le surpoids et le tabac.

La vaccination HPV montre que la prévention fonctionne. Grâce à la campagne scolaire, la couverture vaccinale a gagné 16 points chez les filles et 13 chez les garçons nés en 2012. On est encore loin de l’Australie, mais la dynamique est là.

Tous les risques n’ont pas été pris en compte. L’étude n’intègre pas les pesticides, les plastifiants ou les inégalités sociales, faute de données solides.

Le chiffre de 40 % reste donc probablement sous-estimé.

Sources : France info - 30 janvier 2026

Les immunothérapies prolongent la vie des patients atteints de cancer mais provoquent des effets secondaires graves dans jusqu’à 50 % des cas

Depuis leur arrivée au début des années 2010, les immunothérapies ont transformé le traitement de plusieurs cancers avancés, comme ceux de la peau, du poumon ou du rein. En réactivant les défenses immunitaires, ces traitements permettent parfois des rémissions durables là où il n’y avait aucun espoir.

Les résultats sont spectaculaires. Pour les mélanomes métastatiques, la survie à dix ans est passée de 10 % à 50 %. Ces progrès ont changé le quotidien de milliers de patients, souvent jeunes et actifs. Pourtant, ce progrès médical a un coût clinique majeur.

Entre 10 % et 50 % des patients traités développent des effets indésirables graves. Le système immunitaire, une fois réactivé, peut se retourner contre des organes sains : foie, thyroïde, cœur, poumons ou tube digestif.

Ces réactions, parfois tardives, s’apparentent à des maladies auto-immunes. Elles peuvent être durables, voire fatales : environ 1 % des patients décèdent suite au traitement.

La prise en charge repose sur les corticoïdes, efficaces pour calmer les inflammations… au risque de réduire aussi l’effet antitumoral. Certains effets, comme les troubles de la thyroïde, sont souvent irréversibles.

Des parcours spécifiques, comme celui mis en place à Gustave-Roussy, permettent aujourd’hui un suivi rapide des toxicités.

Un nouvel axe de recherche attire désormais l’attention : l’heure d’administration du traitement.

Un essai clinique publié le 2 février 2026 dans Nature Medicine montre que chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules, une immunothérapie donnée avant 15h permet une survie médiane de 28 mois, contre 17 mois après 15h.

Les chercheurs pensent que les lymphocytes T — les cellules qui attaquent la tumeur — sont plus nombreux autour de celle-ci le matin.

Sources : Zonebourse - février 2026

Une tension d’approvisionnement sur le Nexpovio complique la dispensation en officine

Les fluoroquinolones sont une classe d’antibiotiques puissants, souvent réservés aux infections sévères ou résistantes. Pourtant, leur usage reste largement détourné, malgré des alertes répétées des autorités de santé.

Le 3 février 2026, France Assos Santé a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme, appelant à un encadrement strict des prescriptions. Selon l’ANSM, deux tiers des prescriptions en 2023 étaient encore non conformes aux recommandations officielles. C’est-à-dire inadaptées, inutiles ou évitables.

Les conséquences ne sont pas anecdotiques. Des patients rapportent des effets indésirables graves, durables, parfois invalidants : atteintes articulaires, troubles cardiaques, neuropathies, voire troubles neuropsychiatriques. Certains cas évoqués ont conduit au suicide.

Les prescriptions ont chuté de 59 % entre 2014 et 2023. Malgré cela, 2,2 millions de délivrances ont encore été enregistrées l’an dernier. Les molécules concernées incluent la ciprofloxacine, la lévofloxacine, l’ofloxacine ou la moxifloxacine, pour ne citer que les plus courantes.

Une enquête récente, diffusée dans l’émission Face cachée, a rassemblé plusieurs témoignages édifiants. Françoise, 53 ans, se retrouve en fauteuil roulant quelques jours après une prise de Ciflox pour une simple suspicion de salmonellose. D’autres patients décrivent des douleurs chroniques, des handicaps invisibles… et un manque de reconnaissance des effets secondaires.

France Assos Santé demande des mesures concrètes : un accord de soins écrit entre médecin et patient, une vérification par le pharmacien avant délivrance, voire un conditionnement de la prescription à un protocole encadré.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 3 février 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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