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Le Brief du 2/02 : Sanofi | Santé publique France | Produits de premier recours

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du lundi 2 février 2026.

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Sanofi affiche une croissance record en 2025 mais reste exposé à la fin du brevet Dupixent

Sanofi a de quoi sourire.

En 2025, le laboratoire français a signé une année exceptionnelle, avec un bénéfice net en hausse de 40 %, à 7,8 milliards d’euros, et un chiffre d’affaires qui grimpe à 43,6 milliards, soit près de 10 % de plus à taux de change constant.

La promesse est claire : la dynamique va continuer jusqu’en 2030. Sur le papier, tout est aligné. Sauf que derrière l’euphorie des chiffres, un sujet crispe les investisseurs.

Le Dupixent, médicament vedette contre plusieurs maladies inflammatoires (eczéma, asthme, polypose nasale…), pèse à lui seul un tiers des ventes du groupe. Il a encore progressé de 25 % en 2025, atteignant 15,6 milliards d’euros. Une performance solide… mais un brevet qui expire en 2031.

La question est simple : que se passe-t-il ensuite ?

Sanofi veut montrer qu’il a des relais. D’abord avec Altuviiio, son traitement de l’hémophilie A lancé en 2023, qui permet une injection hebdomadaire. En 2025, il a franchi la barre du milliard d’euros, avec une progression de 70 % sur un an.

Le groupe mise aussi sur ses nouveaux médicaments, qui ont généré 5,7 milliards d’euros en 2025 (+34 %). L’objectif est de doubler cette performance d’ici 2030, pour atteindre 10 milliards d’euros.

Côté vaccins, Sanofi vise également 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel à cet horizon. Un objectif ambitieux, légèrement nuancé par le contexte mondial : défiance vaccinale, pressions politiques, climat de méfiance généralisé… Cela n’empêche pas certains succès. Son anticorps Beyfortus protège déjà 11 millions de nourrissons de la bronchiolite à travers le monde.

Sources : Les échos - 30 janvier 2025


L’État valide la vente de Biogaran à un fonds britannique sous conditions strictes

Le 30 janvier 2026, Bercy a tranché : Biogaran, leader français du générique, peut être vendu au fonds d’investissement BC Partners, basé à Londres. Le laboratoire Servier, propriétaire historique de Biogaran depuis 1996, officialise donc une séparation annoncée depuis plusieurs mois.

L’État ne laisse toutefois pas filer un acteur aussi stratégique sans garanties. Il entre au capital à hauteur de 15 % via Bpifrance, et impose des conditions très précises.

En tête de liste : le maintien du siège social en France, des emplois, des chaînes de production et de l’approvisionnement en médicaments essentiels. Des clauses juridiquement contraignantes, accompagnées de sanctions financières en cas de non-respect.

Biogaran représente 30 % du marché des génériques en France, avec plus de 1 070 références et une forte implantation locale : 89 % de ses produits sont fabriqués en Europe, dont près de 50 % en France. 8 000 emplois indirects dépendent de l’activité.

La crainte d’une délocalisation massive ou de la disparition de traitements jugés peu rentables avait provoqué une levée de boucliers en 2024. Depuis, Servier a ajusté sa stratégie et sécurisé un accord qui rassure, au moins sur le court terme.

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais il serait compris entre 800 millions et 1 milliard d’euros, selon une source proche du dossier.

Sources : Zonebourse, Le Monde - 30 janvier 2025

Le gouvernement transfère plusieurs missions de Santé publique France au ministère de la Santé

Le 30 janvier 2026, le gouvernement a annoncé une réorganisation majeure de l’agence Santé publique France (SPF). Certaines de ses missions stratégiques — jusqu’ici exercées de manière autonome — vont désormais relever directement du ministère de la Santé.

Deux changements principaux sont actés. D’un côté, la gestion des stocks sanitaires et de la réserve sanitaire passera sous autorité hiérarchique du ministre. De l’autre, les campagnes de communication en santé publique seront désormais pilotées par le ministère, en lien avec l’Assurance maladie.

L’objectif affiché : raccourcir la chaîne de décision, en particulier en temps de crise, et clarifier les messages de prévention. Car, selon le gouvernement, la multiplication des acteurs brouillait la lisibilité auprès du public.

Sur le papier, l’intention semble pragmatique. Dans les faits, elle soulève de vives inquiétudes.

Plusieurs voix redoutent une forme d’ingérence politique dans des campagnes de prévention qui, jusque-là, reposaient sur des données scientifiques indépendantes. Certains acteurs évoquent un risque de censure sur des sujets sensibles comme le tabac, l’alcool ou la pollution.

Créée en 2014, SPF regroupe les missions de plusieurs ex-agences (dont l’Institut national de veille sanitaire). Sa force : une capacité à intervenir sur tout le spectre — de la surveillance épidémiologique à la prévention.

Cette réforme remet en question cet équilibre. Elle interroge, plus largement, sur la place de l’expertise scientifique dans les décisions de santé publique.

Sources : France info - 30 janvier 2025


La prescription de benzodiazépines reste trop élevée chez les seniors selon l’IRDES

En France, les anxiolytiques et somnifères de la famille des benzodiazépines continuent d’être trop prescrits aux personnes âgées. C’est le constat de l’IRDES, un institut public qui observe les pratiques de santé.

En 2022, 13 % des Français de 65 ans et plus ont reçu une prescription jugée potentiellement inappropriée. Ce chiffre reste l’un des plus élevés d’Europe, malgré une baisse progressive depuis dix ans.

L’étude précise que les patients atteints de troubles psychiatriques ou de maladies neurodégénératives sont plus exposés. Chez les personnes souffrant de névroses ou de troubles de l’humeur, par exemple, 53 % reçoivent encore des prescriptions non conformes aux recommandations.

Certains profils de prescripteurs se distinguent. Les médecins hommes et plus âgés ont tendance à prescrire davantage. À l’inverse, les femmes médecins ont significativement réduit leurs prescriptions entre 2015 et 2022. Un détail qui en dit long sur l’évolution des pratiques.

L’étude souligne aussi de fortes disparités régionales. Les taux les plus élevés sont relevés en Bretagne, dans le Nord, en Champagne-Ardenne, dans le Limousin et en Gironde. L’accessibilité aux soins, notamment la densité de généralistes, influe directement sur le volume de prescriptions.

Problème de fond : l’usage prolongé des benzodiazépines chez les seniors entraîne des risques accrus — troubles de la mémoire, chutes, dépendance. Des effets bien documentés, pour un bénéfice souvent faible à long terme.

Face à cela, l’ANSM multiplie les campagnes d’information, notamment à destination des personnes âgées. L’enjeu est autant médical que culturel : changer les habitudes sans stigmatiser les patients.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 30 janvier 2025

Des chercheurs filment en direct l’infection d’une cellule par le virus de la grippe

Une équipe suisse et japonaise a réussi un exploit technologique discret mais spectaculaire : filmer, pour la première fois, une cellule en train d’être infectée par le virus de la grippe. L’expérience a été menée à la fin de l’année 2025, à l’université de Zurich, en partenariat avec l’université d’Hokkaido.

Le principe est simple en théorie. Le virus se déplace à la surface de la cellule, repère un récepteur chimique, s’y accroche, puis y entre pour y injecter son ARN viral. Une fois dedans, la cellule devient une usine à virus, produisant des copies de son agresseur.

Ce scénario, connu depuis longtemps, n’avait encore jamais été observé en temps réel, faute d’outils adaptés. La difficulté tient à l’échelle : tout se passe sur quelques nanomètres, bien en dessous de ce que la microscopie classique peut suivre.

Pour contourner cette limite, les chercheurs ont mis au point un microscope sur mesure, baptisé ViViD-AFM. C’est une technologie hybride, combinant microscopie à force atomique (ultra-précise) et microscopie à fluorescence (utile pour visualiser certaines structures).

Grâce à cet outil, ils ont non seulement visualisé l’entrée du virus… mais aussi observé une réaction de défense inattendue de la cellule. Celle-ci s’étire, ondule, tente de capturer le virus, comme si elle cherchait à le repousser. Un réflexe biologique encore peu documenté, que les chercheurs décrivent comme une danse de survie cellulaire.

L’intérêt de cette avancée est double. D’abord, elle permet de mieux comprendre les mécanismes d’infection, en les observant tels qu’ils se produisent réellement. Ensuite, elle ouvre la voie à de nouveaux outils pour tester l’efficacité d’antiviraux ou de vaccins, en visualisant directement leur effet au cœur de la cellule.

C’est une première mondiale. Elle pourrait, à terme, transformer la manière dont on conçoit les traitements contre les virus respiratoires comme la grippe — mais aussi, pourquoi pas, contre d’autres pathogènes viraux.

Sources : France info - 30 janvier 2026

Les produits de premier recours soutiennent l’activité des pharmacies malgré la baisse du nombre d’officines

En 2025, les pharmacies ont vu leur nombre reculer, avec 19 545 officines recensées fin décembre.

Pourtant, leur activité économique reste bien orientée, grâce à une dynamique solide du côté des produits de premier recours — ces médicaments ou dispositifs accessibles sans ordonnance, pour soigner les maux du quotidien.

Selon le Baromètre 2025 de NèreS, publié le 30 janvier, le chiffre d’affaires de ces produits atteint 4,7 milliards d’euros, en hausse de 2 % par rapport à 2024. En volume, ils représentent près de 42 % des boîtes vendues et 21 % du chiffre d’affaires total des officines. Un levier devenu central dans l’équation économique des pharmacies.

Plusieurs moteurs tirent cette croissance. Les compléments alimentaires arrivent en tête, avec une progression de 5,1 %, devant les dispositifs médicaux grand public (+0,9 %) et les médicaments sans ordonnance (+0,2 %).

Le segment "digestion" reste le plus dynamique (+5,6 %), tandis que "respiration" recule (-3,9 %), impacté par une baisse des pathologies hivernales fin 2025.

Cette tendance ne tient pas qu’aux produits. Elle s’appuie aussi sur l’élargissement des missions des pharmaciens, qui multiplient les services de proximité :
Téléconsultations, surtout en zones sous-dotées en médecins (proposées par 52 % des pharmacies concernées)
TROD angine ou cystite (tests rapides d’orientation)
Entretiens pharmaceutiques avec les femmes enceintes
Vaccinations en officine

Ces pratiques ne remplacent pas les soins médicaux, mais elles offrent une première réponse concrète, souvent plus rapide et adaptée à la demande locale. Par exemple, un TROD angine permet de distinguer rapidement une origine virale (à traiter symptomatiquement) d’une infection bactérienne (nécessitant un antibiotique prescrit par le pharmacien).

NèreS plaide pour un élargissement de ces prérogatives, afin de désengorger le système de soins tout en garantissant l’accessibilité des traitements. Les prix, eux, restent mesurés : 3,99 € en moyenne pour les médicaments sans ordonnance, 14,73 € pour les compléments alimentaires, 16,54 € pour les dispositifs médicaux.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 30 janvier 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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M.C - Fondateur de Pharm6

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