Le dépistage organisé du cancer du sein est en recul malgré sa gratuité et son efficacité
Le constat est préoccupant.
Le cancer du sein reste le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes en France, mais le dépistage organisé continue de perdre du terrain.
Dans un rapport publié le 28 janvier 2026, la Cour des comptes alerte : seulement 44 % des femmes de 50 à 74 ans ont participé au dépistage en 2024. En 2011, elles étaient plus de 52 %.
Le dispositif est pourtant bien connu.
Une mammographie gratuite tous les deux ans, relue par deux radiologues, avec un suivi structuré en cas d’anomalie. Détecté tôt, le cancer du sein affiche un taux de survie à cinq ans de 99 %.
Plusieurs failles expliquent ce recul.
D’abord, la coexistence d’un dépistage individuel, moins encadré, parfois plus coûteux, et non intégré aux statistiques officielles. Ensuite, des délais d’accès variables, selon les territoires.
Le rapport pointe aussi une dérive sensible : des rendez-vous plus rapides obtenus via des dépassements d’honoraires, en dehors du cadre organisé. Un accès aux soins à deux vitesses, clairement identifié.
Face à cela, la Cour des comptes propose d’obliger les centres d’imagerie à participer au dépistage organisé et de relever le seuil minimal d’activité pour pratiquer la chirurgie du sein, afin de renforcer l’expertise.
Objectif affiché : améliorer la qualité des soins.
Risque assumé : allonger les temps de trajet pour certaines patientes.
Le message est limpide. Un dépistage gratuit, efficace et structuré existe. Encore faut-il que le système donne réellement envie — et possibilité — d’y accéder.
Sources : Le Monde - 28 janvier 2025
Le Sénat rejette la loi sur l’aide à mourir et renvoie le débat à l’Assemblée nationale
Le débat sur la fin de vie repart à zéro.
Le 28 janvier 2026, le Sénat a rejeté la proposition de loi sur l’aide à mourir par 181 voix contre 122.
Le texte, porté par le député Olivier Falorni, visait à créer un droit à l’aide à mourir strictement encadré. Il avait été largement adopté par l’Assemblée nationale au printemps 2025.
Au Sénat, le climat a été tendu. Après plusieurs jours de débats confus, les sénateurs ont d’abord refusé toute référence au suicide assisté ou à l’euthanasie. Le texte a ensuite été profondément modifié, jusqu’à perdre son dispositif central.
La majorité sénatoriale, emmenée par l’aile conservatrice de la droite et des centristes, a estimé que la version initiale allait trop loin. Le texte sénatorial réaffirmait au contraire le cadre existant, fondé sur la loi Claeys-Leonetti, qui autorise la sédation profonde et continue jusqu’au décès, sans intention de provoquer la mort.
Pour une partie des parlementaires, cette réécriture posait problème. Certains ont jugé le texte vidé de sa substance, voire contradictoire avec le droit actuel. D’autres ont dénoncé un débat tronqué et un malaise démocratique.
Conséquence directe : le texte retourne à l’Assemblée nationale.
Les députés reprendront l’examen à partir du 16 février, en deuxième lecture, sur la base de la version votée en 2025. La navette parlementaire se poursuit.
Le calendrier reste incertain.
Sources : Le Monde - 28 janvier 2025