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Le Brief du 11/02 : AstraZeneca | Bonbons au cannabis | Ozempic

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du mercredi 11 février 2026.

Vous êtes 3 872 à nous lire ce matin.

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D'ailleurs, un grand merci pour votre engagement sur la plateforme pharm6.fun — vous avez été plus de 2000 visiteurs en à peine 10 jours !

Bricep de la société HAVAS est toujours en tête du classement (notre nouveau Emilien de l'actu pharma ?), suivi de près par Nicmedou et vlv75 qui intègre le top 3 ! Let's goooo ⚡️

Pour rappel, Pharm6.fun est une plateforme qui vous permet d’interagir avec vos actus pharma afin de mieux les comprendre avec un système de classement intégré (pour le fun).

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Aussi, nous avons d’ailleurs reçu des demandes de la part de trois entreprises souhaitant communiquer des news internes via une plateforme similaire à pharm6.fun (en marque blanche avec un espace confidentiel dédié), afin d'engager davantage leurs collaborateurs.

Avant de coder cette fonctionnalité, nous aimerions savoir s’il s’agit d’un besoin spécifique et/ou si cela pourrait intéresser d’autres structures.

Si c’est le cas, écrivez-nous : Votre espace Pharm6 💌

En attendant, découvrez ce matin pourquoi Pascal Soriot annonce qu'AstraZeneca n'a aucun investissement prévu en Europesur https://pharm6.fun/

Enjoy !

Pascal Soriot annonce qu'AstraZeneca n'a aucun investissement prévu en Europe et alerte sur le déclin du continent

Le message est clair : l'Europe décroche.

Le 10 février 2026, lors de la présentation des résultats annuels à Londres, Pascal Soriot, le dirigeant français d'AstraZeneca, a tiré la sonnette d'alarme. En quinze ans, l'Europe est passée de 40 % à 22 % des ventes du laboratoire britannique. Les États-Unis représentent désormais 43 % du chiffre d'affaires.

Les chiffres du groupe parlent d'eux-mêmes. En 2025, AstraZeneca affiche des ventes mondiales en hausse de 9 %, à 58,7 milliards de dollars, avec 16 médicaments blockbusters au compteur. Le bénéfice net a bondi de 45 %, à 10,2 milliards de dollars.

Le problème, c'est la répartition géographique de cette croissance.

En janvier, le laboratoire a lancé une nouvelle usine à 4,5 milliards de dollars aux États-Unis et annoncé 15 milliards de dollars d'investissements en Chine (R&D, usines, partenariats). En Europe : rien. Zéro investissement prévu à ce stade.

Le patron d'AstraZeneca pointe un déséquilibre structurel. L'Allemagne a compris la nécessité d'investir dans le secteur pharmaceutique. L'Italie s'y met. La France, selon lui, n'a pas réglé ses problèmes.

Le cas d'Enhertu illustre cette fracture. Cet anticancéreux, ovationné en 2022 lors de l'ASCO (la grand-messe mondiale de l'oncologie), a été au cœur d'un bras de fer avec les autorités de santé britanniques, qui ont refusé de payer le prix demandé. Résultat : 200 millions de livres sterling d'investissements prévus pour le centre de R&D de Cambridge ont été gelés. Un projet qui aurait créé un millier d'emplois. Toujours pas dégelé.

Le constat de Soriot est sans détour. Si l'Europe ne paie pas le prix de l'innovation, dans quinze ou vingt ans, ses médicaments génériques viendront d'Inde ou de Chine, et ses médicaments innovants viendront des États-Unis.

Depuis début février, AstraZeneca a fait coter ses actions ordinaires en direct sur la Bourse de New York. Le centre de gravité se déplace lentement de l'autre côté de l'Atlantique.

Sources : Les Échos - 10 février 2026


L'écocatalyse pourrait libérer la chimie pharmaceutique européenne de sa dépendance aux métaux critiques importés

La chimie pharmaceutique européenne a un problème de souveraineté.

Elle dépend massivement de métaux critiques importés, notamment le palladium, utilisé comme catalyseur dans la fabrication de nombreux médicaments innovants. Entre 2020 et 2024, près d'un tiers des petites molécules approuvées par la FDA ont nécessité ce métal.

La production, elle, est largement délocalisée. L'Inde fournit aujourd'hui 40 % des vaccins mondiaux et 30 % des génériques. Près de 30 % des médicaments consommés en Europe y sont produits, principalement autour d'Hyderabad. Ce modèle s'accompagne d'un coût environnemental et sanitaire lourd : pollution des sols, des eaux, émergence de bactéries antibiorésistantes.

Une solution existe pourtant : l'écocatalyse.

Le principe est simple. Certaines plantes sont capables de concentrer des métaux présents dans des sols dégradés ou des effluents industriels (manganèse, zinc, cuivre, platinoïdes, terres rares). En valorisant ces métaux, il devient possible de produire des catalyseurs biosourcés, recyclables, utilisés en faibles quantités, avec une empreinte écologique réduite.

En clair : transformer des pollutions en matières premières pour la chimie fine.

Cette approche a été décrite dans une tribune publiée le 10 février 2026 par Claude Grison, directrice de recherche au CNRS, professeure invitée au Collège de France et membre de l'Académie des sciences. Elle appelle l'Europe à changer de paradigme : cesser d'opposer chimie et écologie pour en faire un levier de compétitivité industrielle.

Le rapatriement récent de la production de paracétamol en France montre que la relocalisation est possible. À condition d'innover.

Sources : Les Échos - 10 février 2026

Les bonbons au cannabis contenant du THC provoquent des intoxications graves en France malgré un étiquetage trompeur au CBD

C'est un piège qui se présente sous forme de bonbon.

En novembre 2024, un adolescent de 17 ans achète un bonbon gélifié dans un distributeur automatique des Côtes-d'Armor. Il pense consommer du CBD (cannabidiol), la molécule légale et non psychoactive du cannabis. Quelques dizaines de minutes plus tard : palpitations, sueurs, vertiges, attaque de panique.

L'analyse du produit est sans appel. Chaque bonbon contenait environ 30 mg de THC, le cannabinoïde responsable des effets psychoactifs du cannabis — un stupéfiant interdit à la vente en France. Le CBD, pourtant affiché comme ingrédient principal, n'était présent qu'à l'état de traces.

Ce cas n'est pas isolé.

Cinq cas similaires ont été publiés le 29 novembre 2025 dans la revue Thérapie. Des patients âgés de 17 à 49 ans, résidant entre la Bretagne et la Normandie, intoxiqués après avoir consommé des cannabis edibles : bonbons gélifiés ou sirop, achetés en boutique de CBD ou dans des distributeurs. Les symptômes : tachycardie, vertiges, angoisse aiguë, déréalisation. Trois ont été admis aux urgences.

Le problème, c'est la dose.

L'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixe la dose aiguë de référence à 70 microgrammes de THC pour un adulte de 70 kg. Un seul bonbon peut en contenir jusqu'à 30 milligrammes, soit près de 500 fois cette limite.

Sources : Le Monde - 10 février 2026


La gauche fait sauter un article clé de la loi sur les soins palliatifs à l'Assemblée nationale, menaçant l'équilibre de la réforme sur la fin de vie

Le consensus sur les soins palliatifs vient de voler en éclats.

Le 9 février 2026, en commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, les députés LFI, écologistes et socialistes ont voté contre un article phare de la proposition de loi : celui qui prévoyait la création de maisons d'accompagnement et de soins palliatifs. Ces structures devaient accueillir des personnes en fin de vie dont l'état ne nécessite pas une unité spécialisée, sans possibilité de rester à domicile.

Le texte a tout de même été adopté en commission. Amputé de cet article central.

La colère de la gauche vient de plusieurs points. D'abord, les modifications apportées par le Sénat au texte voté quasiment à l'unanimité par l'Assemblée en mai 2025 : suppression du droit opposable aux soins palliatifs, abandon de la loi de programmation pluriannuelle pour sécuriser les financements. La commission a refusé de rétablir ces dispositions.

Le déclencheur final : un amendement du rapporteur François Gernigon (Horizons), soutenu par le gouvernement, ouvrant la gestion de ces maisons au secteur privé lucratif. Une ligne rouge pour la gauche, qui y voit un risque de dérives comparable à certaines situations observées dans les Ehpad privés.

Le texte initial prévoyait la création de 106 maisons. Ce chiffre a disparu.

La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs a réagi : sans ces maisons, l'intérêt même du texte serait remis en question.

L'enjeu dépasse les soins palliatifs. Ce texte est indissociable de celui sur l'aide à mourir, rejeté par le Sénat le 28 janvier 2026. Les deux propositions forment un ensemble. Si l'une tangue, l'autre aussi.

Prochaine étape : le retour en séance publique, prévu le 16 février 2026.

Sources : Libération - 10 février 2026

Ars Pharmaceuticals présentera des données cliniques sur Neffy, son spray nasal à l'adrénaline, au congrès de l'AAAAI 2026

Ars Pharmaceuticals mise sur son alternative à l'auto-injecteur d'adrénaline.

Le 10 février 2026, le laboratoire a annoncé la présentation de cinq posters scientifiques, un rapport de cas clinique et deux communications de son partenaire ALK-Abelló lors du congrès annuel de l'AAAAI (American Academy of Allergy, Asthma and Immunology), prévu du 27 février au 2 mars 2026 à Philadelphie.

Les présentations porteront sur Neffy, un spray nasal à base d'adrénaline destiné au traitement d'urgence des réactions allergiques graves (anaphylaxie). Les données couvriront des analyses économiques, des études de préférences patients, des évaluations d'utilisabilité et des comparaisons pharmacocinétiques face aux dispositifs injectables classiques.

L'enjeu est concret. Les auto-injecteurs d'adrénaline, bien qu'efficaces, présentent des limites reconnues : peur de l'aiguille, manque de portabilité, complexité d'utilisation. Neffy propose une voie d'administration nasale, plus simple et sans aiguille.

D'autres études devraient être disponibles au cours du premier semestre 2026.

Sources : Zonebourse - 10 février 2026

Une plainte collective contre Novo Nordisk pour effets indésirables graves d'Ozempic est en préparation en France

Le laboratoire Novo Nordisk est dans le viseur de la justice française.

Le 10 février 2026, une information a révélé qu'une plainte collective est en cours de préparation contre le fabricant d'Ozempic et de Wegovy. L'action est portée par Me Pierre Debuisson, avocat au barreau de Paris et de Toulouse, pour tromperie aggravée, blessures involontaires et homicides involontaires.

L'avocat affirme avoir déjà reçu une demi-douzaine de plaintes de patients ayant souffert d'effets secondaires graves après un traitement par Ozempic : insuffisance rénale, pancréatite, et même un cas d'AVC ayant entraîné une perte de la vue. Il reproche à Novo Nordisk un défaut d'information sur les risques liés à ces traitements.

Les médecins prescripteurs sont également visés. L'avocat dénonce des prescriptions inappropriées, notamment à des patients présentant un simple léger surpoids. Il a annoncé qu'il saisirait le Conseil national de l'Ordre des médecins sur ce volet.

La plainte devrait être déposée en 2026 auprès du pôle de santé publique du parquet de Paris. Elle s'inspire d'actions similaires menées aux États-Unis et au Canada contre Novo Nordisk et Eli Lilly (fabricant de Mounjaro).

Les chiffres de pharmacovigilance sont conséquents. La France compte environ 870 000 patients sous analogues du GLP-1, avec une hausse des ventes de 25 % au second semestre 2025. Depuis 2019, l'ANSM recense 1 600 cas graves et 65 décès liés à cette classe de médicaments — sans lien de causalité directement établi.

L'agence a néanmoins confirmé un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces traitements sont utilisés dans leurs indications autorisées : diabète de type 2 et obésité.

Côté mésusage, les mesures prises ont porté leurs fruits. Le formulaire mis en place par l'Assurance-maladie a fait chuter le taux de mésusage d'Ozempic à 0,2 % selon la CNAM.

Sources : Le Quotidien du Médecin - 10 février 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

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