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Le Brief du 12/01 : LEEM | Médecins libéraux | Dispositif OSyS

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du lundi 12 janvier 2026.

Vous êtes 3 617 à nous lire ce matin.

En bonus ce matin, voici pour vous une infographie pour comprendre, en image et simplement, la raison du départ de plusieurs laboratoires pharmaceutiques français du Leem.

La voici, gratuitement, pour vous : Pharm6 - Pourquoi plusieurs laboratoires pharmaceutiques français majeurs quittent le LEEM.pdf

PS : N'oubliez pas d'être exceptionnel aujourd'hui 😉

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques français majeurs quittent le LEEM pour fonder un nouveau syndicat

C’est un divorce à l’amiable, mais un divorce quand même.

Le 8 janvier 2026, Sanofi, Ipsen, Pierre Fabre, Théa, LFB, Guerbet — rejoints par Servier — ont officiellement quitté le Leem, le syndicat qui représente l’industrie pharmaceutique en France. Une décision concertée, stratégique… et inédite dans l’histoire du secteur.

La fracture est d’abord politique et industrielle. Le Leem, en réformant sa gouvernance, s’apprête à confier la direction de son bureau aux grands laboratoires étrangers. Ce changement a été la goutte de trop pour les acteurs français, qui estiment ne plus y avoir voix au chapitre.

En parallèle, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a cristallisé les tensions. Elle est perçue comme défavorable à la production de médicaments en France. Concrètement, elle instaure une taxation sectorielle qui ne tient quasiment pas compte de l’empreinte industrielle locale.

Le nouveau système fiscal allège les prélèvements pour les grands laboratoires innovants, souvent étrangers, qui accordent des remises à l’Assurance maladie. Résultat : les PME françaises, qui fabriquent des médicaments matures (anciens, mais toujours utiles), se retrouvent plus lourdement taxées.

Même les génériqueurs, pourtant exonérés de cette taxe en 2026, devront compenser par 200 millions d’euros de baisses de prix — soit plus de trois fois le niveau habituel.

Face à ce déséquilibre, les laboratoires français reprennent la main. Ils annoncent la création d’un nouveau syndicat indépendant, réservé aux entreprises ayant un ancrage territorial fort : au moins un site de production ou de recherche en France, et des produits innovants.

Objectif : remettre la souveraineté sanitaire au cœur du dialogue public, en valorisant celles et ceux qui produisent sur le territoire.

Sources : Les échos, Le Monde - 9 janvier 2026


Novartis renforce sa présence industrielle aux États-Unis avec une quatrième usine de radioligands

Pendant que les laboratoires français cherchent à défendre la production locale, d’autres investissent massivement… ailleurs.

Le 9 janvier 2026, le géant suisse Novartis a annoncé la construction d’une quatrième usine de radioligands aux États-Unis, en Floride. Le site, situé à Winter Park, s’étendra sur 3 250 m² et devrait être opérationnel en 2029.

Ce projet s’inscrit dans un plan d’investissement de 23 milliards de dollars présenté en 2025, exclusivement destiné au marché américain.

Les radioligands sont des traitements anticancéreux de nouvelle génération. Ils combinent une molécule ciblant une tumeur (le ligand) avec un radio-isotope thérapeutique. L’idée est simple : envoyer la radiation directement dans la cellule cancéreuse, en épargnant les tissus sains autour. Comme une sorte de sniper moléculaire.

Mais chaque dose est personnalisée et doit être livrée à un moment précis. D’où l’importance de produire au plus près des patients. Cette logique logistique explique le choix des États-Unis, où le réseau de soins est dense et la demande en forte croissance.

Le Pluvicto, traitement phare contre le cancer de la prostate, incarne cette approche de précision. Il cible les cellules cancéreuses pour perturber leur reproduction et provoquer leur destruction.

À terme, Novartis prévoit cinq sites de production sur le territoire américain, avec des implantations également prévues dans l’Indiana, le New Jersey, la Californie… et un dernier lieu encore à déterminer.

Sources : Zonebourse - 11 janvier 2025

Les médecins libéraux manifestent massivement à Paris pour défendre leur liberté d’exercice et dénoncer un système sous tension

Le samedi 10 janvier 2026, plusieurs milliers de médecins libéraux — généralistes et spécialistes confondus — ont défilé à Paris entre le Panthéon et le ministère de la Santé. Une mobilisation qualifiée d’historique par les syndicats, pour une profession peu habituée à battre le pavé.

Le message est clair : la liberté d’exercice est en danger, et le système de soins dysfonctionne.

En toile de fond, la loi de financement de la Sécurité sociale votée en décembre 2025, qui prévoit ou évoque plusieurs mesures perçues comme coercitives : surtaxation des dépassements d’honoraires, encadrement des arrêts maladie, régulation de l’installation des médecins. Certaines dispositions ont été abandonnées, d’autres maintenues, mais l’ensemble a laissé un goût amer.

Au-delà des textes, c’est un malaise profond qui s’exprime. Des praticiens disent ne plus pouvoir soigner correctement, faute de spécialistes disponibles ou de lits hospitaliers. D’autres dénoncent une accumulation de charges administratives et une suspicion permanente à l’égard de leur travail.

Certains ont opté pour une grève classique. D'autres, comme une généraliste des Côtes-d’Armor, ont choisi un mode d’action symbolique : continuer à recevoir les patients… sans facturer les consultations.

En parallèle, une partie du mouvement prévoit un « exil » symbolique à Bruxelles, pour alerter à l’échelle européenne sur la situation. Une action inédite qui s’accompagnera de la fermeture de blocs opératoires dans certaines cliniques.

Les effets sur les hôpitaux publics se font déjà sentir : les urgences enregistrent une hausse de 30 à 50 % des appels, alors même que l’hiver et les épidémies saturent déjà les services.

Le dialogue avec le ministère de la Santé est au point mort. L’intersyndicale a refusé de rencontrer Stéphanie Rist, estimant que les blocages sont connus depuis longtemps et que seul le Premier ministre est désormais en mesure d’apporter des réponses concrètes.

Derrière les revendications sur les actes médicaux ou les charges, une préoccupation plus large émerge : la survie du modèle libéral. De nombreux praticiens s’inquiètent d’une lente érosion de leur autonomie, notamment en matière de prescription, de tarification et de relation au patient.

Sources : Le Monde - 10 janvier 2026

La recherche contre la maladie de Parkinson s’intensifie en France avec des approches innovantes et des protocoles en cours

La maladie de Parkinson touche aujourd’hui environ 272 500 personnes en France, avec 25 000 nouveaux diagnostics chaque année, en majorité autour de l’âge de 58 ans. Une progression continue, qui en fait l’une des pathologies neurodégénératives les plus surveillées.

Face à cette évolution, la recherche française s’organise. Elle se concentre aujourd’hui dans 23 centres experts répartis sur le territoire, où une dizaine de protocoles cliniques sont menés avec des patients volontaires. Ces essais explorent à la fois des traitements médicamenteux, des solutions techniques et des dispositifs implantables.

Plusieurs axes de recherche se détachent :

  • D’abord, l’étude de pompes à dopamine implantées pour délivrer la molécule directement dans le cerveau, dans les phases avancées de la maladie. Une façon de compenser la dégénérescence des neurones dopaminergiques à l’origine des troubles moteurs.
  • Ensuite, l’amélioration de la stimulation cérébrale profonde, une technique chirurgicale utilisée depuis les années 1990. L’enjeu actuel est de rendre la stimulation adaptative, capable de s’ajuster en temps réel à l’évolution des symptômes.
  • Enfin, des chercheurs s’intéressent aux ondes infrarouges, qui permettent de cibler et moduler certaines zones cérébrales en chauffant de très petites zones de tissu, sans intervention chirurgicale lourde.

Parallèlement, les centres participent à plusieurs essais internationaux, notamment sur des anticorps capables de bloquer des protéines responsables de la dégradation neuronale. Certains médicaments issus d'autres domaines thérapeutiques, comme des traitements contre le diabète de type 2, ont également montré des effets positifs sur la progression des symptômes moteurs.

Au-delà des traitements, la cohorte nationale mise en place en 2016 continue de collecter des données cliniques, biologiques et d’imagerie sur plusieurs milliers de patients.

Objectif : mieux comprendre les différents profils de progression de la maladie, pour affiner les traitements à venir.

Les perspectives sont multiples, mais le défi reste immense. La maladie de Parkinson n’a pas encore de traitement curatif. Chaque avancée, aussi technique soit-elle, vise un seul objectif : ralentir la progression, améliorer la qualité de vie et anticiper l’évolution des symptômes.

Sources : Le Parisien - 10 janvier 2026

Le dispositif OSyS poursuit sa généralisation mais soulève plusieurs défis en officine avant son intégration nationale

Le dispositif OSyS (Orientation dans le Système de Soins), expérimenté dans quatre régions pilotes (Bretagne, Centre-Val de Loire, Corse et Occitanie), entre dans une phase transitoire avant sa généralisation sur l’ensemble du territoire.

Cette montée en puissance, prévue d’ici 12 à 18 mois, marque une nouvelle étape pour le rôle du pharmacien dans la prise en charge de soins non programmés.

Le principe est simple : orienter les patients vers le bon professionnel de santé en cas de plaie simple, brûlure de 1er degré, conjonctivite ou piqûre de tique. L’enjeu est double : désengorger les urgences et rendre les soins plus accessibles.

Les premiers retours sont encourageants, mais plusieurs pistes d’amélioration ont été identifiées par les instances d’évaluation (CTIS et CSIS) avant un passage dans le droit commun.

1.Premier point sensible : la formation.

Dans la moitié des officines engagées, un seul pharmacien était formé, ce qui a limité l’intégration du dispositif dans le quotidien. La surcharge de travail, le manque de relais en interne et l’absence de mobilisation de l’équipe ont freiné le déploiement.

L’évaluation recommande désormais la formation d’au moins deux personnes par pharmacie. Le rôle des préparateurs pourrait également être clarifié pour éviter des transferts de compétences mal encadrés.

2. Deuxième point : la coordination interprofessionnelle.

Actuellement, les échanges entre pharmaciens et médecins sont informels, hétérogènes, souvent dépendants d’initiatives individuelles. Or cette coordination est le socle même du dispositif.

Des formations croisées, des réunions locales entre acteurs de santé et l’utilisation de la messagerie sécurisée de santé (MSSanté) sont évoquées comme leviers d'amélioration.

3.Troisième enjeu : les outils numériques.

L’outil ONO, développé pour accompagner les pharmaciens dans leurs décisions cliniques, a été largement salué. Il permet d’homogénéiser les pratiques et d'assurer la traçabilité des orientations. Problème : il n’est pas interopérable avec les logiciels métiers des officines.

Résultat, le compte rendu est souvent imprimé et confié au patient, sans certitude qu’il soit transmis au médecin traitant. La traçabilité intégrée dans un système partagé reste à construire.

Côté financement, le dispositif est sécurisé jusqu’au 31 décembre 2026, avec une possible extension jusqu’en mars 2027. D’ici là, le ministère devra trancher sur l’intégration complète d’OSyS dans le cadre réglementaire national.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 9 janvier 2025

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès à l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

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