|
Hello les amis 🫶,
Bienvenue dans le Brief Pharm6 du mardi 13 janvier 2026.
Vous êtes 3 648 à nous lire ce matin.
En bonus ce matin, on vous a préparé une infographie pour comprendre simplement en quoi le Teizeild, premier traitement modificateur du diabète de type 1, est (vraiment) un game changer — pour les patients français… et pour Sanofi.
Voici le document, gratuitement et rien que pour vous : Pharm6 - Diabète de type 1 - un premier traitement de fond validé par l’Union européenne.pdf
PS : N'oubliez pas d'être exceptionnel aujourd'hui 😉
|
|
|
Sanofi obtient le feu vert européen pour Teizeild, premier traitement modificateur du diabète de type 1
C’est une première pour l’Union européenne, et une étape importante pour Sanofi.
Le 12 janvier 2026, la Commission européenne a approuvé Teizeild, un traitement développé par le laboratoire français, pour ralentir la progression du diabète de type 1.
Teizeild repose sur un anticorps monoclonal administré en perfusion. Il cible les patients au stade 2 de la maladie, c’est-à-dire à un moment où le diabète est détectable, mais avant l’apparition des symptômes qui rendent l’insuline indispensable.
L’objectif est clair : freiner la réaction auto-immune qui détruit les cellules productrices d’insuline et retarder le passage au stade clinique. Selon l’étude clinique TN-10, Teizeild repousse ce seuil d’environ deux ans par rapport à un placebo. Un écart qui compte, surtout chez les jeunes patients.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 57 % des patients sous Teizeild sont restés au stade 2 à la fin de l’étude, contre 28 % pour ceux sous placebo.
Sanofi n’a pas développé ce produit seul. En 2023, le groupe avait racheté la biotech américaine Provention Bio pour 2,9 milliards de dollars, précisément pour renforcer sa position dans le diabète et les maladies auto-immunes.
Teizeild était déjà approuvé dans plusieurs pays — États-Unis, Chine, Canada, Royaume-Uni, Israël, Arabie saoudite, Émirats, Koweït — avant de franchir les portes de l’UE.
Et le potentiel économique est là : selon le cabinet GlobalData, le marché mondial du diabète de type 1 devrait atteindre 9,9 milliards d’euros d’ici 2033, dont plus de 90 % aux États-Unis.
Sources : Les échos, Le Monde, Zonebourse - 12 janvier 2026
Abivax suscite l’intérêt d’Eli Lilly mais ne dépose aucune demande officielle auprès de Bercy
Lundi 12 janvier, le titre Abivax a fait un bond à la Bourse de Paris, dopé par une rumeur persistante : Eli Lilly préparerait une offre de rachat à 15 milliards d’euros. Une information relayée par La Lettre, mais rapidement nuancée par le ministère de l’Économie.
À 15h GMT, l’action gagnait encore 6,9 %, après avoir brièvement grimpé de plus de 30 %. Pourtant, aucune demande d’autorisation d’investissement étranger n’avait été transmise à Bercy. Et aucun contact n’a été établi entre l'État et le géant américain, selon un responsable du ministère.
Pourquoi un tel engouement autour d’Abivax ? Pour un nom : obefazimod.
Ce traitement contre la rectocolite hémorragique a montré des résultats positifs en phase III l’an dernier. Depuis, la valorisation d’Abivax a explosé : +1 600 % en 2025. La biotech française pèse désormais plus de huit milliards d’euros.
Officiellement, rien n’est engagé. Le PDG d’Abivax, Marc de Garidel, a déclaré depuis San Francisco que le seul objectif restait le développement clinique et commercial de ce médicament prometteur.
En coulisses, les analystes, eux, y voient un actif stratégique. Selon JPMorgan, si rachat il y a, il permettrait à Eli Lilly de consolider son portefeuille en immunologie, un domaine déjà ultra-concurrentiel.
Sources : Zonebourse - 12 janvier 2025
|
|
|
La Haute Autorité de santé priorise six groupes de patients pour l'accès au remboursement de Wegovy et Mounjaro dans le traitement de l’obésité
Depuis leur arrivée en pharmacie en 2024, Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) attisent les attentes. Ces deux traitements, indiqués dans la prise en charge de l’obésité, sont disponibles uniquement sur ordonnance, mais pas encore remboursés.
Le 9 janvier 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié ses recommandations de priorisation des patients en vue de leur prise en charge. Cette demande avait été formulée en urgence par le ministère de la Santé fin novembre 2025, afin d’identifier les sous-populations les plus à risque.
Les critères sont stricts : IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², en cas d’échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, et en complément d’un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique.
La HAS établit six groupes prioritaires, en commençant par les 3 500 patients ayant déjà reçu Wegovy dans le cadre de l’accès précoce (entre 2022 et 2023), puis ceux éligibles à ce dispositif mais non encore traités. Ces deux groupes représentent à eux seuls jusqu’à 30 000 patients.
Les groupes suivants incluent les patients avec comorbidités sévères (risques cardio-métaboliques, diabète, hypertension…), ceux dont l’IMC dépasse 40, et enfin les adultes non répondeurs aux approches classiques, estimés entre 1 et 2,1 millions de personnes.
Autre point clé : la prescription initiale devrait être réservée à des médecins spécialisés (nutritionnistes, diabétologues…) en lien avec des structures comme les centres spécialisés de l’obésité (CSO) ou les services de soins de suite.
Cette recommandation vient pourtant en contradiction avec la décision de l’ANSM en juin 2025, qui avait ouvert la prescription à tout médecin, dans le respect des indications de l’AMM. Objectif : favoriser un accès plus équitable aux traitements.
Selon Novo Nordisk, laboratoire qui commercialise Wegovy, les stocks sont suffisants pour répondre à la demande. Reste à savoir quand et dans quelles conditions le remboursement sera mis en œuvre.
Sources : Le quotidien du pharmacien - 12 janvier 2026
Fabentech obtient une autorisation de mise sur le marché pour son antidote contre la ricine, poison plus toxique que le cyanure
La biotech lyonnaise Fabentech franchit un cap décisif. Le 12 janvier 2026, elle a obtenu en France une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour son médicament Ricimed, un antidote à base d’anticorps polyclonaux développé pour lutter contre la ricine, l’un des poisons les plus létaux connus.
Ce traitement, administré en intraveineuse, a été conçu avec le soutien du ministère des Armées, via la Direction générale de l’armement (DGA) et le Service de santé des armées. Sa vocation est claire : intégrer les arsenaux médicaux destinés à faire face à des menaces de type bioterroriste.
La ricine, issue de la graine de ricin, est considérée comme plus toxique que le cyanure. Elle agit rapidement dans l’organisme et peut provoquer la mort en quelques heures.
Avec cette AMM, Fabentech sécurise 20 millions d’euros de contrats, notamment avec plusieurs gouvernements européens et la Commission européenne. Des discussions sont en cours à l’international, en Asie, au Moyen-Orient et sur le continent américain.
Cette avancée n’a rien d’anecdotique. Rares sont les biotechs capables d’atteindre seules une autorisation nationale. Fabentech, fondée en 2009, emploie aujourd’hui une quarantaine de personnes, possède son propre atelier de production à Saint-Priest près de Lyon, et prépare une levée de fonds pour accompagner sa montée en puissance.
Elle développe également quatre autres antidotes, dont deux contre des virus émergents à forte létalité, parmi lesquels le virus Nipah, détecté pour la première fois en 1998 chez des porcs en Malaisie. Ce virus inquiète les autorités sanitaires par sa capacité à muter et son taux de mortalité élevé.
L’approche de Fabentech repose sur une technologie d’anticorps polyclonaux à large spectre, capable de neutraliser même des virus qui évoluent rapidement — là où les anticorps monoclonaux deviennent inopérants après mutation.
Sources : Les échos - 12 janvier 2026
|
|
|
AbbVie signe un accord de licence exclusif avec RemeGen pour développer un anticorps contre plusieurs tumeurs solides avancées
Le 12 janvier 2026, le groupe pharmaceutique AbbVie a annoncé la signature d’un accord de licence exclusif avec la société chinoise RemeGen. L’objet de cette collaboration : le développement et la commercialisation du RC148, un anticorps expérimental destiné à traiter des tumeurs solides à un stade avancé.
AbbVie obtient ainsi les droits exclusifs sur le RC148 hors de la Grande Chine. En échange, RemeGen recevra 650 millions de dollars en paiement initial, et pourra percevoir jusqu’à 4,95 milliards de dollars supplémentaires en fonction de l’atteinte de différents jalons de développement, en plus de redevances sur les ventes futures.
Ce montant potentiel place l’accord parmi les plus significatifs de ce début d’année dans l’oncologie.
Le RC148 a montré, lors des premiers essais cliniques, une activité antitumorale initiale favorable. Il est notamment testé en association avec un conjugué anticorps-médicament — une technologie combinant la précision d’un anticorps ciblé avec l’efficacité d’un agent chimiothérapeutique.
Cette classe de traitements représente l’une des pistes les plus prometteuses en oncologie. Elle permet d’attaquer la tumeur tout en limitant les effets secondaires sur les tissus sains, ce qui constitue depuis des décennies un objectif-clé en cancérologie.
Avec cet accord, AbbVie renforce son portefeuille en oncologie, un domaine stratégique pour faire face à la concurrence croissante sur les thérapies ciblées, notamment en immuno-oncologie.
Sources : Zonebourse - 12 janvier 2026
|
|
|
L’Académie nationale de pharmacie recommande de mieux former les pharmaciens pour détecter les usages détournés du protoxyde d’azote
L’alerte vient de l’Académie nationale de pharmacie : face à la hausse des usages détournés du protoxyde d’azote, une meilleure formation des pharmaciens est désormais jugée indispensable.
Ce gaz, connu pour ses usages médicaux (analgésie, anesthésie) ou alimentaires (propulseur dans les siphons à chantilly), est aussi utilisé à des fins récréatives, notamment chez les jeunes. Ses effets euphorisants lui ont valu le surnom trompeur de « gaz hilarant ».
Le problème : son usage abusif provoque des troubles neurologiques graves, parfois irréversibles, et des accidents mortels ont été signalés fin 2025. Pourtant, sa vente reste légale, à condition de ne pas le vendre aux mineurs.
L’Académie recommande de renforcer la prévention, notamment via des campagnes à destination des jeunes, et de former les pharmaciens à repérer les signes cliniques d’une consommation chronique. Elle appelle aussi à fournir des fiches d’alerte clinique aux officinaux pour améliorer l’orientation des patients.
Les pharmaciens sont souvent les premiers interlocuteurs des familles, ou des jeunes eux-mêmes, en cas d’inquiétude. Leur rôle de veille et d’orientation devient stratégique dans ce type de dérive.
Sources : Le quotidien du pharmacien - 12 janvier 2025
Les conclusions des missions IGF-IGAS sur la rémunération des officinaux sont attendues pour fin janvier 2026
La profession retient son souffle. Les missions confiées à l’Inspection générale des finances (IGF) et à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avancent, avec un objectif clair : proposer des pistes pour réformer la rémunération des pharmaciens d’officine.
Depuis plusieurs semaines, ces inspections analysent en profondeur le modèle économique du réseau officinal. Le 9 janvier, les syndicats — dont la FSPF et l’USPO — ont échangé directement avec les inspecteurs.
Premier constat partagé : la situation économique des officines s’est dégradée depuis la fin de la période Covid. Le contexte actuel, marqué par des marges réduites et des charges croissantes, rend une révision structurelle du modèle de rémunération indispensable.
Parmi les points étudiés :
- L’impact potentiel de la baisse du plafond de remise des génériques, finalement repoussée par la loi de financement de la Sécurité sociale 2026.
- La répartition de la valeur au sein de la chaîne du médicament, en particulier entre les groupements et les pharmaciens.
- La transparence des conditions commerciales, surtout lorsqu’elles sont financées par l’Assurance maladie.
Autre sujet sensible : le maintien du maillage territorial. Le rapport devrait inclure des propositions spécifiques pour les officines rurales et celles situées en quartiers prioritaires, où les équilibres économiques sont souvent les plus fragiles.
Le rapport définitif est attendu d’ici fin janvier, et sera remis aux ministères de la Santé et de l’Économie. Les syndicats espèrent pouvoir le consulter rapidement pour se positionner.
La stratégie est déjà dessinée : analyse du rapport en février, dialogue avec le gouvernement, puis, espèrent-ils, lettre de cadrage dès mars pour ouvrir une négociation conventionnelle avec l’Assurance maladie.
Les enjeux sont clairs : pérenniser le rôle du pharmacien comme acteur de santé publique de proximité, tout en assurant un modèle économique viable à long terme.
Sources : Le quotidien du pharmacien - 12 janvier 2026
|
|
|
C’est tout pour aujourd’hui !
On vous aime !!!
Belle journée ! et surtout KEEP GOING
M.C - Fondateur de Pharm6
|
|
|
Qui rédige ces briefs ?
Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement : Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.
Ces dernières années, j'ai :
- travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
- travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.
J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès à l’actualité pharma en France.
Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire : Votre espace Pharm6 💌
C'est 100% anonyme.
Belle journée 🫶 M.C - Fondateur de Pharm6
|
|
|
Vous avez des questions ? Contactez nous sur insta (nous répondons plus vite que Mbappe) !
Unsubscribe · Preferences
|
|
|