ABOUT 17 HOURS AGO • 9 MIN READ

Le Brief du 12/02 : Trump | GSK et Teva | Psychotropes

profile

Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du jeudi 12 février 2026.

Vous êtes 3 916 à nous lire ce matin.

***

Mention spéciale ce matin à l’ensemble des collaborateurs de Zydus France qui rejoignent la newsletter Pharm6 ! ☀️

***

Quid de Pharm6.fun ?

Remontada assez impressionnante de Julienm (Novo Nordisk) qui talonne Bricep de la société Havas, toujours en tête du classement, avec Nicmedou qui revient dans le Top 3 ! Let’s go ⚡️

Pour info, Pharm6.fun est une plateforme qui vous permet d’interagir avec vos actus pharma afin de mieux les comprendre avec un système de classement intégré (pour le fun).

***
Aussi, nous avons d’ailleurs reçu des demandes de la part de trois entreprises souhaitant communiquer des news internes via une plateforme similaire à pharm6.fun (en marque blanche avec un espace confidentiel dédié), afin d'engager davantage leurs collaborateurs.

Avant de coder cette fonctionnalité, nous aimerions savoir s’il s’agit d’un besoin spécifique et/ou si cela pourrait intéresser d’autres structures.

Si c’est le cas, écrivez-nous : Votre espace Pharm6 💌

En attendant, découvrez ce matin pourquoi Pascal Soriot annonce qu'AstraZeneca n'a aucun investissement prévu en Europesur https://pharm6.fun/

Enjoy !

Des laboratoires pharmaceutiques non ciblés par Trump cherchent à négocier leurs propres accords sur les prix des médicaments

Aux États-Unis, tout le monde veut un deal avec la Maison Blanche.

Seize grands laboratoires, dont Pfizer et Eli Lilly, ont déjà conclu des accords de baisse de prix avec l'administration Trump.

Le problème : des dizaines d'autres entreprises, dont environ la moitié des membres du lobby PhRMA, n'ont reçu aucune lettre… et commencent à s'inquiéter.

Deux lobbyistes et plusieurs sources du secteur confirment que des laboratoires ont pris l'initiative de contacter la Maison Blanche et le Centers for Medicare & Medicaid Services pour tenter de négocier leur propre entente.

La raison est simple : sans accord, ces entreprises seraient soumises à de nouveaux programmes pilotes du Medicare — baptisés GLOBE et GUARD — qui aligneraient les prix américains sur ceux, bien plus bas, pratiqués à l'étranger. Une sorte de « clause de la nation la plus favorisée » appliquée au médicament.

Le sujet est sensible pour les laboratoires de taille intermédiaire. Certains ont concédé leurs licences à des partenaires internationaux qui n'ont aucun intérêt à relever leurs tarifs.

Résultat : ces entreprises pourraient être contraintes de baisser drastiquement leurs prix pour le Medicare, sans marge de manœuvre.

Onze laboratoires de taille intermédiaire — dont Alkermes, BioMarin, Incyte et Alnylam — ont d'ailleurs créé leur propre groupe de pression : la Midsized Biotech Alliance of America.

Paul Hudson, PDG de Sanofi et futur président de PhRMA, a résumé la situation lors de la conférence JP Morgan Healthcare en janvier : il sera très difficile de conclure 30, 50 ou 80 accords individuels. Une offre globale du gouvernement pourrait être envisagée.

Pour rappel : les patients américains paient actuellement près de trois fois plus cher que dans les autres pays développés pour leurs médicaments sur ordonnance.

Sources : Reuters - 11 février 2026


GSK et Teva mettent fin à plus de dix ans de litige sur le générique de Coreg aux États-Unis

Fin de partie après plus d'une décennie.

GSK et Teva ont annoncé le 10 février 2026 avoir résolu à l'amiable leur conflit sur le Coreg (carvédilol), un médicament cardiaque, dans un dépôt conjoint auprès du tribunal fédéral du Delaware.

L'affaire portait sur la pratique dite du « skinny label » : un mécanisme permettant à un fabricant de génériques d'obtenir une autorisation pour certaines indications d'un médicament de marque, mais pas toutes, une fois certains brevets expirés.

Teva avait lancé une version générique du Coreg en 2007 pour deux des trois indications. Le problème est survenu quand la FDA a demandé à Teva d'ajouter une troisième indication — l'insuffisance cardiaque congestive — encore protégée par un brevet de méthode d'utilisation détenu par GSK. Ce dernier avait porté plainte en 2014.

En 2017, le tribunal avait condamné Teva à verser 235 millions de dollars à GSK. Ce verdict a ensuite été annulé, puis rétabli. Teva a même porté l'affaire jusqu'à la Cour suprême, qui a refusé de l'examiner en mai 2023.

Le règlement met fin à l'ensemble des réclamations, sans qu'aucun détail financier n'ait été communiqué.

À noter : la Cour suprême a accepté en janvier d'examiner un autre litige sur le skinny label, opposant cette fois Amarin et Hikma autour du générique de Vascepa. Le débat juridique sur cette pratique est donc loin d'être clos.

Sources : Fierce Pharma - 11 février 2026

Un troisième nourrisson décède en France dans l'affaire des laits infantiles contaminés au céréulide

L'affaire ne faiblit pas. Elle s'aggrave.

Le 11 février 2026, le ministère de la Santé a annoncé le décès d'un troisième bébé ayant consommé du lait infantile concerné par la récente vague de rappels en France. 14 hospitalisations ont également été recensées, contre 11 précédemment.

Précision importante : à ce jour, aucun lien direct n'a été scientifiquement établi entre les décès et la consommation du produit. Des enquêtes judiciaires sont en cours.

L'affaire dure depuis mi-décembre. Tout est parti d'un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays, en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine produite par certaines bactéries. Des rappels similaires ont suivi chez Danone, Lactalis et d'autres fabricants. Début février, les autorités européennes ont abaissé les seuils tolérés, provoquant une nouvelle vague de retraits.

L'Association pour la santé des enfants dénonce une crise « loin d'être maîtrisée ». Son président, Quentin Guillemain, parle d'une « bombe à retardement » : selon lui, laisser ces produits en circulation « va provoquer d'autres drames ». L'association demande le retrait de tous les laits contenant l'ARA (l'acide gras soupçonné d'être à l'origine de la contamination) du fournisseur en cause, ainsi qu'une communication claire aux parents.

L'ONG Foodwatch et plusieurs familles ont par ailleurs intenté une action en justice contre l'État et les fabricants, accusés d'avoir trop tardé à informer le public.

La France est le seul pays européen à avoir enregistré des décès. Le Royaume-Uni a signalé une trentaine d'hospitalisations, toujours sans lien de cause à effet établi.

Sources : Libération - 11 février 2026


Les ventes de psychotropes explosent en France, portées par la dégradation de la santé mentale des jeunes

Zoloft, Xeroquel, Prozac… Les compteurs s'affolent.

En cinq ans, les ventes annuelles de sertraline (Zoloft) ont été multipliées par plus de deux en France, d'après les données de l'Assurance maladie. La hausse dépasse 50 % pour la quétiapine (Xeroquel) et la fluoxétine (Prozac). L'escitalopram (Seroplex) et le diazépam (Valium) suivent la même trajectoire, à un rythme un peu moindre.

Derrière ces chiffres : une détérioration massive de la santé mentale des Français, en particulier des moins de 40 ans, et surtout des jeunes femmes. Hausse des troubles anxieux, dépressifs, des tentatives de suicide… Tous les indicateurs sont au rouge.

En 2023, 936 000 jeunes de 12 à 25 ans ont été remboursés d'au moins un psychotrope. C'est 18 % de plus qu'en 2019, alors que la population de cette tranche d'âge n'a augmenté que de 3 %. La CNAM note une accélération nette depuis la pandémie. La sertraline a même connu des ruptures de stock en pharmacie.

Le tabou s'est en partie levé : la santé mentale a été décrétée grande cause nationale. Davantage de personnes consultent… ce qui alimente mécaniquement les prescriptions.

La question de la surprescription se pose malgré tout. La majorité des psychotropes sont prescrits par des médecins généralistes, qui disposent de moins de temps et de moins de spécialisation que les psychiatres. La France se distingue aussi par des niveaux de délivrances d'anxiolytiques (Valium, Xanax, Lexomil) très élevés par rapport à ses voisins.

Sources : Le Parisien - 11 février 2026

Une méta-analyse du Lancet révèle que la plupart des effets indésirables attribués aux statines sont surévalués

Dépression, troubles du sommeil, dysfonctions érectiles… Les statines ne seraient pas responsables de la plupart des effets indésirables inscrits dans leurs notices.

C'est le résultat d'une large méta-analyse publiée le 5 février dans The Lancet, portant sur 23 essais cliniques randomisés en double aveugle et plus de 150 000 patients suivis pendant près de cinq ans.

Sur 66 effets indésirables répertoriés dans les notices des principales statines (atorvastatine, fluvastatine, pravastatine, rosuvastatine, simvastatine), seuls 4 sont possiblement liés au traitement : anomalies des transaminases hépatiques, autres anomalies de la fonction hépatique, modification de la composition urinaire et œdèmes.

Pour les 62 autres : le risque n'est pas significativement différent du placébo.

Le problème, c'est que ces effets surévalués figurent tout de même dans les notices. Conséquence : certains patients arrêtent leur traitement ou ne le commencent jamais.

Au Royaume-Uni, après la publication d'articles négatifs entre 2012 et 2013, plus de 200 000 patients ont interrompu leurs statines en six mois. Résultat estimé : entre 2 000 et 6 000 événements cardiovasculaires évitables sur la décennie suivante.

En France, un phénomène similaire a été observé après la publication d'un livre controversé sur le cholestérol en 2013 : les arrêts de traitement avaient bondi de 26 à 53 % selon le niveau de risque cardiovasculaire.

Les chercheurs sont formels : les bénéfices cardiovasculaires des statines surpassent largement les risques. Ils recommandent une révision des notices pour permettre aux patients et aux médecins de prendre des décisions éclairées.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien - 11 février 2026

Les syndicats de pharmaciens dénoncent des retards de paiement massifs de l'Assurance maladie et exigent un changement de méthode

Depuis plusieurs semaines, les pharmaciens français subissent des incidents de paiement avec l'Assurance maladie qui pèsent directement sur leurs trésoreries.

À l'origine : des baisses et hausses de prix successives sur de nombreuses spécialités, notamment des génériques, et la mise en place de nouveaux tarifs forfaitaires de responsabilité (TFR).

Le CEPS (Comité économique des produits de santé) a multiplié les modifications de sa base de données. Ces ajustements ont provoqué des dysfonctionnements majeurs dans le remboursement des médicaments, obligeant les officines à faire l'avance des frais.

Le 11 février 2026, l'USPO (Union des syndicats de pharmaciens d'officine) a adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu, à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, ainsi qu'aux directeurs généraux de la CNAM et de la Sécurité sociale.

Selon l'Assurance maladie, les paiements ont repris normalement depuis le 6 février. L'USPO conteste : les feuilles de soins électroniques (FSE) non traitées n'ont toujours pas été réglées, alors que le délai réglementaire de 24 heures est largement dépassé.

Valérian Ponsinet, président de la commission Convention de la FSPF, confirme les retards. Il explique que les paiements ont été bloqués pour stabiliser la base de prix, devenue « défaillante à cause des erreurs à répétition du CEPS ». Les volumes à traiter sont tels que tout n'a pas pu être fait rapidement.

L'USPO exige un changement de méthodologie : vérification systématique des fichiers de prix avant leur transmission aux logiciels de gestion d'officine, et respect d'un délai raisonnable pour tout changement tarifaire.

Un premier changement a été acté : dans un an, c'est l'Assurance maladie elle-même qui reprendra la gestion de la base de données, aujourd'hui entre les mains du CEPS. Cela devrait éviter les cafouillages techniques.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien - 11 février 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

Votre espace Pharm6 💌

C'est 100% anonyme.

Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

Vous avez des questions ? Contactez nous sur insta (nous répondons plus vite que Mbappe) !


Unsubscribe · Preferences

Tout comprendre sur la pharma.