Sanofi évince son directeur général Paul Hudson et nomme Belén Garijo pour relancer l'innovation du laboratoire
Changement de cap au sommet de Sanofi.
Le 12 février 2026, le laboratoire français a annoncé le départ de son directeur général Paul Hudson, en poste depuis 2019. Le conseil d'administration, réuni la veille, a décidé de ne pas renouveler son mandat d'administrateur. Il quittera ses fonctions le 17 février.
Sa successeure : Belén Garijo, actuelle directrice générale du laboratoire allemand Merck KGaA. Elle prendra officiellement ses fonctions le 29 avril, après l'assemblée générale du groupe. Elle connaît bien la maison : elle a occupé plusieurs postes chez Sanofi avant de partir en 2011.
En attendant, Olivier Charmeil, vice-président exécutif du groupe, assurera l'intérim.
Le bilan de Paul Hudson comporte des réussites notables. Sous sa direction, le Dupixent est devenu le produit phare du laboratoire : de 2 milliards à 15,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Le CA global du groupe est passé de 36,1 à 43,6 milliards d'euros. Plusieurs lancements ont marqué la période, dont le Beyfortus (bronchiolite) et l'Altuviiio (hémophilie).
La difficulté se situe sur la suite.
Le brevet du Dupixent expire en 2031. Pour préparer la relève, Hudson avait misé sur l'immunologie et renforcé les investissements en R&D. Les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes : les essais du tolebrutinib (sclérose en plaques) et de l'amlitelimab (dermatite atopique) ont déçu en 2025. Les investisseurs ont perdu confiance. Le cours de Bourse a reculé.
En parallèle, Hudson a conduit une profonde réorganisation du groupe. Cession de 50 % d'Opella (Doliprane) pour 10,7 milliards d'euros. Introduction en Bourse d'Euroapi. Vente de plusieurs sites industriels. Les effectifs mondiaux sont passés de 100 000 à environ 70 000 salariés.
Des transformations nécessaires selon la direction, mais qui ont laissé des traces en interne.
Avec la nomination de Belén Garijo, Sanofi envoie un signal clair : accélérer le rythme d'exécution et renforcer la capacité d'innovation du groupe avant l'échéance critique de 2031.
Sources : Le Monde - 12 février 2026
AbbVie attaque en justice l'inclusion du Botox dans les négociations de prix imposées par l'Inflation Reduction Act
AbbVie passe à l'offensive judiciaire.
Le 11 février 2026, le laboratoire américain a déposé une plainte devant un tribunal fédéral de Washington. La cible : le programme de négociation des prix des médicaments prévu par l'Inflation Reduction Act (IRA), la grande loi américaine de réduction des coûts de santé signée en 2022.
En cause : l'inclusion du Botox dans la liste des 15 médicaments sélectionnés par le CMS (l'équivalent américain de l'Assurance-maladie) pour des baisses de prix applicables en 2028.
L'argument d'AbbVie est original. La loi IRA exclut explicitement les produits dérivés du plasma humain de ces négociations. Or le Botox contient de l'albumine sérique humaine (HSA), extraite du plasma sanguin. D'après le laboratoire, cette composante est centrale dans la formulation du médicament : le Botox contiendrait 100 000 fois plus d'HSA que de toxine botulique active.
AbbVie affirme avoir alerté le CMS à plusieurs reprises en 2025, sans retour.
Le laboratoire invoque aussi des violations des Premier et Cinquième Amendements de la Constitution américaine. Des arguments déjà utilisés par d'autres laboratoires dans des plaintes similaires… et rejetés par les tribunaux jusqu'ici.
En 2025, le Botox thérapeutique (migraines chroniques, incontinence, troubles oculaires) a généré 3,76 milliards de dollars de ventes mondiales. La version cosmétique, 2,6 milliards.
Les 15 médicaments sélectionnés pour cette ronde de négociations représentent environ 27 milliards de dollars de dépenses Medicare sur un an.
Sources : Fierce Pharma - 12 février 2026