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Le Brief du 13/02 : Sanofi | Virus Nipah | Croissance des ventes de médicaments

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du vendredi 13 février 2026.

Vous êtes 3 917 à nous lire ce matin.

Hier matin (après notre brief de 6h30), la nouvelle de l’éviction du DG de Sanofi est sortie.

On vous en a parlé sur pharm6.fun et on vous refait un petit point ce matin pour mieux vous présenter les conséquences.

D'ailleurs : vous êtes maintenant 55k sur Instagram et 11k sur LinkedIn, c’est complètement fou.

Vous êtes les meilleurs.

Du news sur https://pharm6.fun ⚡️

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Qui sera le premier à atteindre Légende ?

Sanofi évince son directeur général Paul Hudson et nomme Belén Garijo pour relancer l'innovation du laboratoire

Changement de cap au sommet de Sanofi.

Le 12 février 2026, le laboratoire français a annoncé le départ de son directeur général Paul Hudson, en poste depuis 2019. Le conseil d'administration, réuni la veille, a décidé de ne pas renouveler son mandat d'administrateur. Il quittera ses fonctions le 17 février.

Sa successeure : Belén Garijo, actuelle directrice générale du laboratoire allemand Merck KGaA. Elle prendra officiellement ses fonctions le 29 avril, après l'assemblée générale du groupe. Elle connaît bien la maison : elle a occupé plusieurs postes chez Sanofi avant de partir en 2011.

En attendant, Olivier Charmeil, vice-président exécutif du groupe, assurera l'intérim.

Le bilan de Paul Hudson comporte des réussites notables. Sous sa direction, le Dupixent est devenu le produit phare du laboratoire : de 2 milliards à 15,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Le CA global du groupe est passé de 36,1 à 43,6 milliards d'euros. Plusieurs lancements ont marqué la période, dont le Beyfortus (bronchiolite) et l'Altuviiio (hémophilie).

La difficulté se situe sur la suite.

Le brevet du Dupixent expire en 2031. Pour préparer la relève, Hudson avait misé sur l'immunologie et renforcé les investissements en R&D. Les résultats n'ont pas été à la hauteur des attentes : les essais du tolebrutinib (sclérose en plaques) et de l'amlitelimab (dermatite atopique) ont déçu en 2025. Les investisseurs ont perdu confiance. Le cours de Bourse a reculé.

En parallèle, Hudson a conduit une profonde réorganisation du groupe. Cession de 50 % d'Opella (Doliprane) pour 10,7 milliards d'euros. Introduction en Bourse d'Euroapi. Vente de plusieurs sites industriels. Les effectifs mondiaux sont passés de 100 000 à environ 70 000 salariés.

Des transformations nécessaires selon la direction, mais qui ont laissé des traces en interne.

Avec la nomination de Belén Garijo, Sanofi envoie un signal clair : accélérer le rythme d'exécution et renforcer la capacité d'innovation du groupe avant l'échéance critique de 2031.

Sources : Le Monde - 12 février 2026


AbbVie attaque en justice l'inclusion du Botox dans les négociations de prix imposées par l'Inflation Reduction Act

AbbVie passe à l'offensive judiciaire.

Le 11 février 2026, le laboratoire américain a déposé une plainte devant un tribunal fédéral de Washington. La cible : le programme de négociation des prix des médicaments prévu par l'Inflation Reduction Act (IRA), la grande loi américaine de réduction des coûts de santé signée en 2022.

En cause : l'inclusion du Botox dans la liste des 15 médicaments sélectionnés par le CMS (l'équivalent américain de l'Assurance-maladie) pour des baisses de prix applicables en 2028.

L'argument d'AbbVie est original. La loi IRA exclut explicitement les produits dérivés du plasma humain de ces négociations. Or le Botox contient de l'albumine sérique humaine (HSA), extraite du plasma sanguin. D'après le laboratoire, cette composante est centrale dans la formulation du médicament : le Botox contiendrait 100 000 fois plus d'HSA que de toxine botulique active.

AbbVie affirme avoir alerté le CMS à plusieurs reprises en 2025, sans retour.

Le laboratoire invoque aussi des violations des Premier et Cinquième Amendements de la Constitution américaine. Des arguments déjà utilisés par d'autres laboratoires dans des plaintes similaires… et rejetés par les tribunaux jusqu'ici.

En 2025, le Botox thérapeutique (migraines chroniques, incontinence, troubles oculaires) a généré 3,76 milliards de dollars de ventes mondiales. La version cosmétique, 2,6 milliards.

Les 15 médicaments sélectionnés pour cette ronde de négociations représentent environ 27 milliards de dollars de dépenses Medicare sur un an.

Sources : Fierce Pharma - 12 février 2026

Trois cas de contamination par le virus Nipah détectés en Inde et au Bangladesh, l'OMS évalue le risque comme faible

Le virus Nipah refait surface.

Trois cas de contamination ont été identifiés : deux en Inde, dans l'État du Bengale-Occidental, et un au Bangladesh. Une femme est décédée au Bangladesh la semaine dernière.

Le virus Nipah, identifié pour la première fois en 1998 en Malaisie, est une zoonose transmise à l'homme par des animaux (principalement les chauves-souris frugivores) ou par des aliments contaminés. Il provoque fièvre intense, vomissements, infection respiratoire, et dans les cas les plus graves, une inflammation cérébrale pouvant mener au coma.

Le taux de mortalité oscille entre 40 et 75 % selon l'OMS.

Point critique : il n'existe à ce jour aucun traitement ni vaccin approuvé. Plusieurs candidats sont en cours de développement. Les soins intensifs précoces restent la seule option pour améliorer les chances de survie.

L'OMS se veut rassurante. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que le risque de propagation est évalué comme faible au niveau mondial. Les deux foyers (Inde et Bangladesh) ne seraient pas liés, même s'ils sont situés le long de la même frontière. Plus de 230 contacts ont été suivis. Aucun nouveau cas n'a été identifié.

Le ministère indien de la Santé estime que les risques ont été contenus à temps.

Sources : Le Parisien / AFP - 12 février 2026


Une plateforme numérique est testée dans le Grand Est pour améliorer l'accès aux thérapies innovantes contre le cancer du poumon

La plateforme Panacée (pour Plateforme d'information du cancer bronchique) est en cours d'expérimentation dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté. Son lancement a eu lieu fin janvier à Strasbourg.

L'objectif : orienter les patients vers les traitements innovants disponibles (immunothérapies, thérapies ciblées, essais cliniques, accès compassionnel) et harmoniser les parcours de soins entre établissements.

Le besoin est réel. Les cancers bronchiques non à petites cellules représentent 85 % des cancers du poumon et sont la première cause de mortalité par cancer en France, en Europe et dans le monde. L'innovation thérapeutique y est rapide, grâce à une grande diversité d'anomalies génétiques. L'accès à ces traitements, en revanche, reste inégal.

Panacée s'appuie sur l'intelligence artificielle et des bases de données publiques de référence. L'information est mise à jour chaque semaine et adaptée au profil de chaque patient.

Le projet a été coconstruit par l'association Patients en réseau, le Liberté Living Lab et deux sociétés savantes. Il est soutenu financièrement par la Ligue contre le cancer, l'ARS Grand Est, Unicancer et les laboratoires Roche, Boehringer Ingelheim et Lilly.

Quinze établissements participent à l'expérimentation, qui se poursuivra jusqu'à fin 2026. Une évaluation sera menée par le centre d'investigation clinique du CHRU de Nancy.

Si les résultats sont concluants, la plateforme pourrait être déclinée pour d'autres types de cancers.

Sources : Les Echos - 12 février 2026

Le médicament oral de BridgeBio améliore significativement la croissance des enfants atteints d'achondroplasie lors d'un essai de phase avancée

C'est une (belle) avancée pour les enfants atteints de nanisme.

Le 12 février 2026, BridgeBio Pharma a publié les résultats d'un essai clinique de phase avancée sur l'infigratinib, un traitement oral expérimental destiné aux enfants souffrant d'achondroplasie. Cette maladie génétique rare provoque une petite taille disproportionnée.

Les résultats : une amélioration du taux de croissance de +1,74 cm par rapport au placebo après 52 semaines de traitement. Chez les enfants de 3 à 8 ans, une amélioration statistiquement significative des proportions corporelles a également été observée.

Côté sécurité, aucun effet secondaire grave lié au médicament n'a été rapporté. Trois cas d'hyperphosphatémie (excès de phosphate dans le sang) ont été relevés, tous légers et temporaires.

L'achondroplasie touche environ 55 000 personnes aux États-Unis et dans l'Union européenne. Aujourd'hui, le seul traitement approuvé est le Voxzogo, un injectable développé par BioMarin Pharmaceutical.

BridgeBio prévoit de déposer une demande d'autorisation aux États-Unis et en Europe au second semestre 2026. Le médicament a déjà obtenu le statut de thérapie innovante de la FDA en septembre 2024.

En cas d'approbation, l'infigratinib deviendrait la première thérapie orale pour l'achondroplasie. La société teste également ce traitement dans l'hypochondroplasie, une forme plus légère de la maladie.

Sources : Zonebourse / Reuters - 12 février 2026

Les ventes de médicaments en officine affichent une croissance molle en janvier 2026 avec de fortes disparités entre pharmacies

Le début d'année est tendu pour les officines françaises.

Selon les données présentées lors du dernier atelier GERS Data, la croissance moyenne du chiffre d'affaires par officine en janvier 2026 est de +2,3 % par rapport à janvier 2025. Un chiffre tiré vers le haut par les grandes et très grandes pharmacies.

Les petites officines (moins de 2 millions d'euros de CA), qui représentent près de la moitié du réseau, ne voient pas leur chiffre d'affaires progresser.

Un secteur se distingue nettement : la vaccination, en hausse de +42 % sur un an. La beauté progresse de +7,1 %, la prescription obligatoire de +2,1 %. Tous les autres segments sont dans le rouge : santé familiale, pathologies aiguës, diététique.

Côté marges, la situation se complique. Les médicaments à moins de 1,91 euro — soit près d'un remboursé sur deux — voient leur part diminuer. Les ruptures d'approvisionnement augmentent depuis le début de l'année.

Le point le plus sensible reste les baisses de prix. 2 379 baisses sont applicables depuis janvier 2026. D'autres suivront en mars et avril.

En toile de fond : un déficit de la Sécurité sociale de 23 milliards d'euros en 2025. Pour le réduire, 1,4 milliard d'euros d'économies sont attendus sur le médicament cette année. Dont 189 millions sur les génériques, 128 millions sur les princeps et 187 millions sur les bioréférents.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien - 12 février 2026


La campagne de vaccination contre le VRS avec Abrysvo et Beyfortus prendra fin le 20 février en métropole

La saison touche à sa fin.

Le 11 février 2026, la Direction générale de la santé (DGS) a annoncé les dates de clôture de la campagne d'immunisation contre le virus respiratoire syncytial (VRS) 2025-2026. Deux produits sont concernés : le vaccin Abrysvo et l'anticorps monoclonal Beyfortus, utilisés en ville.

Les dates à retenir : 20 février : fin de campagne en métropole, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin. 31 mars : Guadeloupe et Martinique. 31 mai : Mayotte. En Guyane, la campagne se poursuit sans date de fin, du fait d'une circulation annuelle du virus. Pour La Réunion, la décision n'est pas encore prise.

Un délai supplémentaire est accordé jusqu'au 28 février en métropole pour des situations cliniques individuelles ou des contextes épidémiologiques locaux particuliers.

Au 8 février, les indicateurs de bronchiolite étaient rassurants sur l'ensemble du territoire. Tout le quart nord-ouest de la France et la Guyane sont revenus à leur niveau de base. Sept régions métropolitaines et la Guadeloupe restaient en post-épidémie. Seules Mayotte et la Martinique étaient encore en phase épidémique.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien - 12 février 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

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