25 DAYS AGO • 7 MIN READ

Le Brief du 18/12 : AstraZeneca | Anti-inflammatoires | Modèle économique des officines

profile

Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief pharm6 du jeudi 18 décembre.

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire chaque matin.

3 543 pour être précis avec un (fabuleux) taux d'ouverture à 63%... chaque matin.

Nous souhaitions donc vous dire merci. Nous recevons beaucoup de messages d'encouragement, et certains nous vont droit au cœur. Nous partageons avec vous l’un d’eux ce matin.

Pour améliorer votre newsletter préférée, nous avons conçu un court questionnaire (1 minute), 100 % anonyme, afin de recueillir vos retours :
Questionnaire

Cela nous aiderait beaucoup !

AstraZeneca prévoit de ne plus construire d’usines en Europe à cause de la politique industrielle américaine

Depuis Washington, Pascal Soriot n’a pas mâché ses mots.

À ses yeux, l’industrie pharmaceutique européenne est sur une pente glissante. Et ce n’est pas une opinion isolée : c’est le PDG d’AstraZeneca qui parle, à la tête d’un groupe de 94 000 salariés dans le monde.

Ce qu’il annonce est simple : toutes les nouvelles usines du groupe seront désormais construites en dehors de l’Europe. Principalement aux États-Unis. La raison est politique et économique.

L’administration Trump menace d’imposer des droits de douane sur les médicaments pour forcer les industriels à rapatrier leur production.

Résultat : les laboratoires promettent des centaines de milliards d’investissements outre-Atlantique. Ces promesses, même si elles restent pour l’instant en grande partie théoriques, montrent à quel point les États-Unis dominent les stratégies industrielles du secteur.

Pendant ce temps-là, l’Europe se replie sur des débats techniques et regarde les trains passer. D’après Soriot, le continent semble avoir oublié qu’un médicament n’est pas seulement une dépense. C’est aussi un outil de souveraineté et un levier de croissance. Et tant qu’on continuera à le voir uniquement comme un coût à contenir, les investissements iront ailleurs.

Le plus préoccupant, c’est que cette tendance ne concerne pas que les médicaments génériques. Les traitements innovants, eux aussi, s’éloignent de l’Europe. Car produire des thérapies à ARN messager ou des anticorps conjugués demande des outils technologiques spécifiques... qui se trouvent de moins en moins ici.

AstraZeneca n’est pas un cas isolé. Son choix illustre un mouvement plus large : le centre de gravité de l’innovation pharmaceutique mondiale est en train de basculer.

Sources : Le Monde - 17 décembre 2025


L’Europe perd du terrain dans la production de médicaments face aux États-Unis, à la Chine et à l’Inde

L’Europe a longtemps été l’atelier du médicament. Aujourd’hui, elle devient un client.

Le constat est brutal : sa part de marché dans la production de principes actifs est tombée à environ 30 %, contre plus de 80 % à la fin des années 1990.

Tout a commencé dans les années 2000. Les gouvernements, soucieux de maîtriser les dépenses de santé, ont durci les négociations sur les prix des traitements. Les laboratoires, en quête de marges, ont délocalisé progressivement leur production vers l’Inde et la Chine, où la main-d’œuvre est moins chère et les contraintes réglementaires plus souples.

En parallèle, les chaînes de fabrication se sont fragmentées, rendant l’approvisionnement plus fragile. Résultat aujourd’hui : 80 % des principes actifs utilisés en Europe viennent d’Asie, selon les données de l’association allemande Pro Generika. Sur certains antibiotiques, il ne reste qu’un ou deux producteurs européens.

Le Vieux Continent s’est accroché à un espoir : conserver l’avance sur les médicaments innovants, plus complexes à produire et jusque-là hors de portée de la concurrence. Cet avantage semble désormais menacé.

La Chine, par exemple, n’investit plus seulement dans le générique. Grâce à des politiques publiques très offensives, elle développe sa propre bioproduction, multiplie les essais cliniques et forme des alliances avec des laboratoires occidentaux. L’objectif est clair : dominer le haut de gamme du médicament, pas seulement sa fabrication à bas coût.

En parallèle, les États-Unis concentrent plus de 50 % des ventes mondiales du secteur, et continuent d’attirer les investissements industriels. Les grands groupes — de Johnson & Johnson à Sanofi — y réalisent désormais près de la moitié, voire plus, de leur chiffre d’affaires.

Face à ces deux mastodontes, l’Europe peine à suivre. Les industriels demandent une revalorisation des prix, jugeant que les traitements ne sont pas suffisamment rémunérés. Les États, eux, opposent leurs contraintes budgétaires.

Le risque est connu : à force d’attendre, l’Europe pourrait se réveiller sans outil de production, ni sur les génériques, ni sur les innovations. Et cette fois, il ne s’agira plus d’un simple décrochage, mais d’une perte stratégique.

Sources : Le Monde - 17 décembre 2025

Les autorités sanitaires recommandent d’éviter les anti-inflammatoires en cas d’infection hivernale

Fièvre, angine, bronchite, otite… En cette saison, les virus font leur tournée habituelle. Pour calmer la douleur, le réflexe est souvent le même : ibuprofène ou kétoprofène. Pourtant, les autorités de santé conseillent désormais de privilégier le paracétamol.

Dans un communiqué publié le 17 décembre, l’ANSM met en garde contre les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) utilisés au cours d’une infection bactérienne. Ces médicaments peuvent en effet masquer les symptômes, retarder le diagnostic et donc la mise en place d’un traitement antibiotique adapté.

Les chiffres sont là : 162 cas graves ont été signalés entre 2019 et 2023 avec l’ibuprofène, et 54 avec le kétoprofène. Parmi les complications recensées, on retrouve des chocs septiques, des méningites, des infections cutanées sévères… Dans douze cas, le pronostic vital a été engagé, parfois chez des enfants ou des jeunes adultes en bonne santé.

Les bactéries en cause sont bien connues : streptocoques et pneumocoques, souvent responsables des infections ORL ou respiratoires de l’hiver. Or, en présence d’un AINS, ces bactéries peuvent progresser en silence et provoquer des formes graves.

Le message est simple : en cas de symptômes grippaux ou infectieux, le paracétamol reste le choix le plus sûr. Ce rappel intervient alors que la grippe progresse activement sur le territoire, touchant désormais presque toutes les régions, à l’exception de la Corse, qui devrait suivre.

Sources : France info - 17 décembre 2025

L’association Keytruda–Padcev améliore la survie globale dans un essai de phase 3 sur le cancer de la vessie

Trois laboratoires – Merck, Pfizer et Astellas Pharma – ont annoncé ce 17 décembre les résultats positifs d’un essai de phase 3 dans le traitement du cancer de la vessie invasif sur le plan musculaire.

La combinaison de deux médicaments, Keytruda (pembrolizumab) et Padcev (enfortumab vedotin), administrée avant et après une intervention chirurgicale, montre des résultats cliniquement significatifs. L’étude révèle une amélioration de la survie globale, de la survie sans événement, et de la réponse pathologique complète, en comparaison avec la chimiothérapie standard suivie d’une chirurgie.

Il s’agit d’une population particulière : des patients éligibles à une chimiothérapie à base de cisplatine, traitement de référence dans cette forme de cancer. L’étude propose donc une alternative thérapeutique potentiellement moins contraignante, ce qui représente un changement important dans les stratégies de prise en charge précoces.

Les trois laboratoires précisent également que le profil de tolérance de la combinaison reste conforme aux données déjà connues pour chacun des médicaments. Aucun nouveau signal de sécurité n’a été observé.

Cette association thérapeutique est déjà approuvée dans plusieurs pays – États-Unis, Union européenne, Japon – pour les formes localement avancées ou métastatiques du cancer urothélial. Ces nouveaux résultats pourraient donc étendre son indication aux stades plus précoces de la maladie, en période périopératoire.

Sources : Zonebourse - 17 décembre 2025

Les pharmaciens d’officine alertent sur un modèle économique devenu insoutenable et demandent une évolution de leur rémunération

Dans un contexte de fragilisation continue du réseau officinal, la question du mode de rémunération des pharmaciens revient au centre du débat. À l’approche du rapport IGF–IGAS prévu pour début 2026, la FSPF a sondé plus de 5 000 officinaux à travers la France.

Le constat est sans ambiguïté : le modèle actuel est jugé à bout de souffle.

Depuis 2015, la rémunération réelle des pharmacies a chuté de 25 % en tenant compte de l’inflation. À cela s’ajoutent des baisses de prix récurrentes sur les génériques, une marge dégressive lissée (MDL) de plus en plus étroite, et des fermetures d’officines en cascade.

Résultat : selon l’enquête, la majorité des pharmaciens interrogés ne considèrent plus leur activité comme économiquement viable.

La solution défendue : un renforcement du modèle à l’honoraire, plébiscité pour sa stabilité. Les professionnels demandent :

  • Le maintien des honoraires existants
  • Une revalorisation de l’honoraire à l’ordonnance, cœur de leur métier
  • La création de nouveaux honoraires pour mieux rémunérer les missions aujourd’hui non couvertes

Ces missions incluent notamment : dépistages, accompagnement des patients chroniques, interventions pharmaceutiques, gestion des ruptures, livraison à domicile, ou encore remplissage administratif (dossier pharmaceutique, formulaires de suivi, etc.).

Par ailleurs, la MDL est critiquée pour son poids disproportionné. Les répondants souhaitent des tranches plus nombreuses et des seuils rehaussés, ainsi qu’une meilleure valorisation des médicaments onéreux.

Les rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP), quant à elles, sont jugées « utiles » mais trop complexes, avec des objectifs parfois inatteignables ou peu connectés aux missions réelles des pharmaciens. Plusieurs propositions émergent : nouvelles ROSP sur le dépistage, l’antibiorésistance, la substitution des biosimilaires, ou encore la gestion des ruptures et des DASRI.

Enfin, les pharmaciens appellent à une approche plus structurelle, avec la mise en place de :

  • Forfaits en fonction de la localisation géographique
  • Financement d’un assistant pharmaceutique par l’Assurance maladie
  • Rémunération par capitation, basée sur le suivi de patients chroniques

La position est claire : conserver les bases existantes, tout en opérant un basculement progressif vers une rémunération par actes et missions, combinée à une marge sécurisée. Pas de révolution, mais une transformation maîtrisée, que les officinaux jugent désormais indispensable pour garantir la pérennité de leur métier.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 17 décembre 2025

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Vous avez des questions ? Contactez nous sur insta (nous répondons plus vite que Mbappe) !


Unsubscribe · Preferences

Tout comprendre sur la pharma.