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Le Brief du 9/01 : Iktos | Choc anaphylactique | Antalgiques de palier I

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Bienvenue dans le Brief Pharm6 du vendredi 9 janvier 2026.

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La start-up française Iktos signe un partenariat stratégique avec Servier qui pourrait dépasser 1 milliard d’euros


Le 8 janvier 2026, la jeune pousse française Iktos a officialisé la signature d’un partenariat avec le laboratoire Servier.

L’enjeu ? Accélérer la découverte de nouvelles molécules grâce à l’intelligence artificielle. Le montant potentiel du contrat est évoqué à plus d’un milliard d’euros. Rien que ça.

Iktos, fondée en 2016, développe des outils d’IA générative capables de créer des centaines de structures chimiques à fort potentiel thérapeutique. Ces structures sont ensuite synthétisées automatiquement dans leur propre laboratoire, sans intervention manuelle. Une forme de chimie assistée par robot, pensée pour aller plus vite et surtout, rater moins souvent.

Côté Servier, l’objectif est clair : trouver une nouvelle protéine d’intérêt thérapeutique, dans des délais plus courts. Deux cibles ont déjà fait l’objet d’une étude scientifique approfondie, dans le cadre de ce contrat prévu pour durer jusqu’à trois ans, avec des jalons définis.

Ce n’est pas une première pour Iktos. En 2024, la start-up avait signé un premier accord du même type avec Italfarmaco, un laboratoire italien de taille moyenne.

Depuis, elle revoit son modèle : moins de vente de logiciels, plus de partenariats stratégiques. Deux autres contrats seraient d’ailleurs en négociation, bien que confidentiels pour le moment.

Dans cette course à l’innovation, Iktos n’est pas seule. Une autre start-up française, Owkin, multiplie les accords avec les géants de la pharma. Chaque année depuis 2021, elle signe avec un nouveau partenaire : Sanofi, BMS, Merck, AstraZeneca… Une stratégie à la carte, avec des thématiques ciblées à chaque fois.

Servier, de son côté, continue de structurer sa recherche externe. Il affirme collaborer avec une trentaine de start-up, parmi un total de 300 partenariats actifs dans le monde.

Et pour aller plus loin, le laboratoire a lancé un fonds d’investissement de 200 millions d’euros, baptisé Servier Ventures. Ce fonds est dédié aux technologies de rupture, notamment en oncologie et en neurologie.

L’intérêt est double : capter les innovations avant les concurrents… et réduire le risque financier de la R&D, qui reste un terrain incertain. Rappelons que 90 % des molécules en développement échouent, souvent après plusieurs années d’essais.

Sources : Les échos, La tribune - 8 janvier 2026


La medtech bordelaise FineHeart lève 83 millions d’euros pour industrialiser sa pompe cardiaque mini-invasive

Direction Bordeaux, où une entreprise du secteur des dispositifs médicaux vient de franchir un cap majeur. FineHeart, fondée en 2010, annonce une levée de fonds de 35 millions d’euros, complétée par une subvention européenne de 48 millions, soit 83 millions d’euros mobilisés pour accélérer son développement.

Leur innovation s’appelle Flowmaker. C’est une mini-pompe cardiaque de moins de 100 grammes, destinée aux patients atteints d’insuffisance cardiaque sévère, mais encore stables.

Contrairement aux systèmes actuels, souvent réservés aux cas les plus critiques, Flowmaker se positionne comme une aide active, implantée par chirurgie mini-invasive… et à cœur battant.

Son fonctionnement s’apparente à celui d’un vélo électrique : le cœur continue de battre, mais il est soutenu par une pompe discrète, qui accélère le flux sanguin. L’autre atout réside dans son batterie rechargeable sans fil, grâce à un transfert d’énergie transcutané (TET). Résultat : moins de risques infectieux et plus d’autonomie pour le patient.

Cette technologie unique a tapé dans l’œil de l’Union européenne. FineHeart a été choisie comme chef de file du projet Tech4Cure, un programme de 403 millions d’euros sur sept ans visant à structurer une filière européenne des dispositifs médicaux implantables. FineHeart en reçoit la plus grande part.

La phase clinique, déjà entamée à Prague, va maintenant s’étendre à six hôpitaux français, dont la Pitié-Salpêtrière à Paris, Bordeaux et Nantes. Objectif : traiter une dizaine de patients d’ici 18 mois et obtenir le marquage CE dans les deux ans.

Sources : Les échos - 8 janvier 2025

La Haute Autorité de Santé pourrait recommander la vaccination contre la varicelle pour les jeunes enfants d’ici fin 2026

La varicelle fait son retour. Rien de spectaculaire pour l’instant, mais deux foyers épidémiques actifs ont été signalés début janvier 2026 : dans les Alpes et entre Blois et Tours. Le reste du pays reste calme, mais les cartes de surveillance montrent une circulation du virus typique pour la saison.

Rien d’inhabituel non plus sur le fond. La France a toujours choisi de ne pas vacciner systématiquement contre la varicelle, préférant laisser les enfants s’immuniser naturellement. Ce choix, fait dans les années 1990, visait à éviter que la maladie ne se déplace vers des âges plus avancés, où elle est plus sévère.

Ce raisonnement est en train d’être réévalué. La Haute Autorité de Santé (HAS) étudie actuellement une éventuelle recommandation vaccinale dès la petite enfance, avec un avis attendu avant fin 2026. À ce jour, une douzaine de pays, dont les États-Unis, l’Italie et la Hongrie, ont intégré le vaccin au calendrier vaccinal. Certains l’ont même rendu obligatoire.

Le vaccin, disponible depuis le milieu des années 1990, est efficace et commercialisé autour de 38 euros. En France, il n’est remboursé que dans des cas ciblés : adolescents non immunisés, femmes ayant un projet de grossesse, candidats à une greffe ou personnes vivant auprès d’immunodéprimés.

Sur les 600 000 cas annuels, moins de 2 % entraînent des complications, le plus souvent bénignes (surinfections cutanées). La varicelle reste donc perçue comme une maladie d’enfance sans gravité majeure. Pourtant, son coût indirect (consultations, traitements, arrêts de travail des parents) interroge sur l’intérêt d’une prévention élargie.

Autre argument en débat : la crainte d’une hausse du zona chez les adultes, autre maladie causée par le même virus. L’idée était que les expositions répétées à la varicelle dans l’entourage renforçaient l’immunité des adultes. Cette hypothèse est désormais contestée par plusieurs études étrangères, d’autant qu’un vaccin contre le zona existe.

Aujourd’hui, il n’y a aucune contre-indication à vacciner un jeune enfant, selon les infectiologues. À l’étranger, la première dose est souvent administrée autour de 12 mois, une fois que la protection maternelle naturelle a disparu.

Le débat n’est donc plus scientifique, mais économique et sociétal. Vacciner en prévention coûte cher… mais peut éviter des dépenses plus diffuses. La HAS rendra son verdict dans les prochains mois. En attendant, les foyers épidémiques se multiplient doucement, comme chaque hiver.

Sources : Le Parisien - 8 janvier 2026

Des chercheurs français développent un vaccin thérapeutique contre le choc anaphylactique chez les personnes allergiques

Une équipe franco-française vient de franchir une étape importante dans la lutte contre l’allergie sévère. Le 8 janvier 2026, des chercheurs de l’Inserm à Toulouse et de l’Institut Pasteur à Paris, en collaboration avec la biotech Néovacs, ont publié dans Science Translational Medicine les résultats d’un vaccin expérimental contre l’anaphylaxie.

Ce vaccin vise une cible bien connue : l’immunoglobuline E (IgE). Chez les personnes allergiques, cet anticorps joue le rôle de détonateur : il se fixe sur certaines cellules immunitaires (mastocytes, basophiles) qui, en cas de contact avec un allergène, libèrent l’histamine et d’autres médiateurs inflammatoires. Résultat : une réaction potentiellement mortelle, appelée choc anaphylactique.

Jusqu’ici, on disposait d’un anticorps monoclonal (l’omalizumab) capable de neutraliser les IgE circulantes, mais ce traitement est coûteux et nécessite des injections régulières. Le vaccin développé ici adopte une approche différente : il stimule l’organisme pour qu’il produise lui-même des anticorps anti-IgE, de façon prolongée.

La formule repose sur un vaccin conjugué, combinant un fragment modifié d’IgE humaine (incapable d’activer une réaction allergique) avec une protéine porteuse très immunogène, dérivée de la toxine diphtérique. Le tout permet au système immunitaire d’apprendre à reconnaître l’IgE, sans danger… et sans déclencher de réaction.

Les tests ont été réalisés sur des souris “humanisées”, capables de produire l’IgE humaine et son récepteur. Résultats :

  • aucune réaction allergique locale dans les modèles cutanés,
  • taux de tryptase 140 fois plus bas dans les modèles systémiques,
  • protection complète contre le choc anaphylactique, même chez les souris les plus sensibles.

Mieux encore : les anticorps générés par la vaccination ont persisté pendant au moins 12 mois, ce qui suggère une efficacité potentiellement durable, bien supérieure aux traitements actuels.

Les chercheurs ont aussi vérifié que cette réponse immunitaire ne fragilise pas l’organisme face aux parasites, pour lesquels l’IgE joue normalement un rôle protecteur. Les souris vaccinées se sont défendues aussi bien que les témoins.

Des essais supplémentaires sont prévus, notamment sur des souches animales sensibles aux allergies alimentaires. Si ces étapes sont franchies, une étude clinique sur l’homme pourrait suivre.

Sources : Le Monde - 8 janvier 2026

La restriction des à deux boîtes n’a toujours pas été tranchée par le gouvernement un an après le début des discussions

C’est un dossier qui traîne… et qui agace.

Depuis février 2025, le gouvernement consulte sur une possible limitation de la délivrance des antalgiques de palier I à deux boîtes par patient, sans avoir, à ce jour, rendu sa décision.

Pour les pharmaciens d’officine, la tension monte. Lors de ses vœux à la presse, le 8 janvier 2026, le président de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France) a rappelé son opposition ferme à ce projet.

L’enjeu, selon lui, concerne environ 600 000 patients quotidiens, souvent atteints de douleurs chroniques, notamment ceux qui prennent régulièrement 3 g de paracétamol.

Ces patients se retrouveraient contraints à revenir plus souvent en pharmacie, sans justification médicale ni bénéfice démontré en termes de santé publique. D’autant que, contrairement à d’autres médicaments, les boîtes de paracétamol contiennent seulement huit comprimés, ce qui rend la limitation particulièrement contraignante.

Les syndicats demandent deux exceptions possibles si la mesure devait entrer en vigueur :
exclure le paracétamol de la restriction,
– ou exempter les patients chroniques, identifiés et suivis.

Selon la FSPF, les accusations de gaspillage ou de mauvais usage ne sont pas fondées. Les boîtes de paracétamol ne se retrouvent pas dans les circuits de retour comme Cyclamed, preuve de leur bonne utilisation.

En l’absence de position officielle du ministère, l’incertitude persiste. Pour les officines, cette attente prolongée alourdit la gestion des stocks, fragilise la relation patient-pharmacien… et risque de provoquer un vrai tollé si la mesure est appliquée sans nuance.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 8 janvier 2025

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès à l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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M.C - Fondateur de Pharm6

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