5 DAYS AGO • 8 MIN READ

Le Brief du 7/01 : Amgen | Nestlé | Aide à mourir

profile

Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du mercredi 7 janvier 2026.

Vous êtes 3 570 à nous lire ce matin.

Aussi, certains d’entre vous reçoivent nos newsletters dans leur courrier indésirable.
Pour corriger cela, répondez juste « Hello » à ce mail et tout devrait rentrer dans l’ordre 🙂

Amgen investit 840 millions de dollars pour développer une nouvelle thérapie contre la leucémie

C’est un nom qui n’évoque pas grand-chose à première vue : Dark Blue Therapeutics.

Mais derrière ce nom discret, une biotech britannique avec une technologie prometteuse dans un domaine qui ne l’est pas : la leucémie myéloïde aiguë, un cancer du sang particulièrement agressif.

Le 6 janvier, le géant américain Amgen a officialisé son acquisition. Montant de l’opération : jusqu’à 840 millions de dollars.

Amgen met la main sur une molécule de nouvelle génération, classée dans la catégorie des dégradeurs de protéines.

En clair : il ne s’agit pas de bloquer une protéine en excès, comme le font beaucoup de médicaments actuels, mais de la faire disparaître purement et simplement. Ici, la cible s’appelle MLLT1/3, et elle est directement impliquée dans la prolifération de certaines cellules leucémiques.

Les résultats précliniques (c’est-à-dire avant essais sur l’humain) sont jugés prometteurs. Le candidat-médicament montre une activité anticancéreuse intéressante, et une mécanique d’action différente des traitements existants.

Il pourrait être utilisé seul ou en combinaison, notamment pour éviter les résistances qui freinent souvent l’efficacité des chimiothérapies classiques.

Cette acquisition s’inscrit dans une stratégie claire : renforcer tôt le portefeuille oncologique en misant sur des cibles encore peu explorées. Une prise de risque mesurée… mais potentiellement payante.

En Bourse, le titre Amgen progressait de 0,6 % à l’ouverture à New York, juste après l’annonce.

Sources : Zonebourse - 7 janvier 2026


Les États-Unis retirent six vaccins pédiatriques de leurs recommandations nationales

C’est une décision sans précédent, dans un pays déjà secoué par les débats sur la vaccination. Le 5 janvier, le ministère de la Santé américain a supprimé six vaccins de la liste officielle des recommandations pour les enfants.

Les vaccins concernés sont ceux contre :

  • la grippe,
  • l’hépatite A,
  • l’hépatite B,
  • les méningocoques (responsables de certaines formes de méningite),
  • le VRS (virus respiratoire syncytial, à l’origine de bronchiolites sévères),
  • et les rotavirus (gastro-entérites chez les tout-petits).

Ces vaccins ne disparaissent pas du marché. Ils restent disponibles, mais ne sont plus systématiquement conseillés pour l’ensemble des enfants.

Ils ne seront désormais recommandés que dans certains cas précis, par exemple si l’enfant est considéré à risque ou si le médecin juge utile d’en discuter avec la famille (ce qu’ils appellent une décision partagée).

Cette réforme intervient dans un contexte politique tendu.
Le président Donald Trump avait demandé une révision complète du calendrier vaccinal, avec comme modèle affiché le Danemark, pays où moins de vaccins sont recommandés… mais aussi où les conditions sanitaires et sociales sont radicalement différentes.

Le nouveau calendrier américain passe donc de 17 à 11 vaccins recommandés. En comparaison, la France impose 12 vaccins aux enfants, et en recommande d'autres (comme celui contre les rotavirus ou la grippe), sans les rendre obligatoires.

La décision alarme une partie de la communauté médicale. Des experts craignent une baisse durable de la couverture vaccinale et un retour d'infections graves, voire mortelles, comme la rougeole.

Certains États, déjà en désaccord avec Washington, envisagent d’adopter leurs propres recommandations locales.

Une fracture potentielle dans une politique de santé publique pourtant construite sur l’uniformité depuis des décennies.

Sources : Le Monde - 7 janvier 2025

Nestlé rappelle plusieurs lots de laits infantiles Guigoz et Nidal en France et en Europe par mesure de précaution

Ce 5 janvier 2026, le groupe Nestlé a lancé un rappel volontaire de certains lots de laits infantiles Guigoz et Nidal, distribués en France et dans plusieurs pays européens.

En cause : la détection possible d’une toxine bactérienne, le céréulide, produite par le micro-organisme Bacillus cereus.
Cette substance peut entraîner des troubles digestifs chez les nourrissons (diarrhées, vomissements… rien de dramatique pour l’instant, mais assez pour déclencher une alerte).

Le rappel concerne aussi d’autres pays : Allemagne, Autriche, Danemark, Italie, Suède

Il fait suite à une première alerte lancée en décembre en France, déjà autour de la marque Guigoz.

Selon Nestlé, le problème viendrait d’un ingrédient contaminé fourni par l’un de ses partenaires. Le groupe a donc étendu ses investigations à l’ensemble de ses produits de nutrition infantile contenant cette matière première. Des analyses sont en cours, notamment sur les huiles d’acide arachidonique utilisées dans les recettes concernées.

À ce jour, aucun cas de maladie n’a été signalé. Nestlé insiste sur le caractère préventif de l’opération. Les autorités sanitaires des pays touchés ont été informées et suivent la situation.

Le protocole est clair : les boîtes concernées ne doivent pas être rapportées en magasin. Les parents sont invités à prendre en photo le produit, contacter le service consommateurs, puis jeter la boîte. Un bon d’achat sera proposé en compensation.

Ce n’est pas la première fois que Nestlé est confronté à ce type d’alerte.
En décembre, un rappel similaire avait été critiqué pour son manque de clarté par l’ONG Foodwatch. Le groupe suisse affirme cette fois-ci vouloir mieux communiquer et renforcer ses contrôles qualité, en lien avec son fournisseur.

Dans un secteur aussi sensible que l’alimentation infantile, la vigilance reste maximale.

Un incident isolé peut vite devenir un sujet de confiance à long terme.

Sources : Le Parisien - 5 janvier 2026

Le sevabertinib de Bayer obtient le statut de thérapie innovante contre le cancer du poumon aux États-Unis et en Chine

Le 6 janvier 2026, Bayer a franchi une étape importante dans le traitement du cancer du poumon.
Son médicament expérimental, le sevabertinib (commercialisé sous le nom Hyrnuo), a reçu la désignation de thérapie innovante des autorités de santé des États-Unis (FDA) et de Chine (Center for Drug Evaluation).

Ce statut est réservé aux traitements présentant un potentiel clinique fort, notamment en première intention, c’est-à-dire chez des patients qui n’ont encore reçu aucun traitement. Dans ce cas précis, il s’agit d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), à un stade localement avancé ou métastatique, chez des patients présentant des mutations activatrices de HER2.

Ces mutations, bien que moins fréquentes, sont difficiles à cibler efficacement avec les traitements disponibles. Le sevabertinib s’inscrit dans cette niche thérapeutique encore mal couverte.

La désignation s’appuie sur des résultats préliminaires issus de la cohorte F de l’essai clinique Soho-01, un essai de phase 1/2 actuellement en cours.
La cohorte inclut uniquement des patients naïfs de traitement, ce qui permet d’évaluer le médicament dès les premières lignes de soins.

Ce n’est pas une première pour Bayer. Le sevabertinib avait déjà obtenu une autorisation accélérée aux États-Unis, mais uniquement pour des patients ayant déjà été traités.

Cette double reconnaissance marque une avancée stratégique : elle accélère le développement clinique, facilite les procédures réglementaires, et confirme que le médicament pourrait répondre à un besoin non couvert dans une population ciblée.

La prochaine étape : des résultats plus complets sur l’efficacité et la tolérance, pour espérer une autorisation de mise sur le marché d’ici quelques années.

Sources : Zonebourse - 6 janvier 2026

Le Sénat propose de rétablir une clause de conscience pour les pharmaciens dans le cadre de l’aide à mourir

La loi sur la fin de vie revient sur le devant de la scène.
Les sénateurs ont déposé plusieurs amendements à la proposition de loi sur l’assistance médicale à mourir, en vue des débats prévus à partir du 20 janvier.

Parmi ces amendements, trois concernent les pharmaciens. Ils visent à rétablir une clause de conscience leur permettant de refuser de participer à la préparation ou à la délivrance de substances létales.

Le texte initial prévoyait que la préparation soit réalisée en pharmacie hospitalière, avant d’être transmise à une officine pour délivrance.

Les sénateurs estiment que ces actes ne relèvent pas uniquement d’une tâche technique, mais engagent la responsabilité éthique des professionnels.

Cette clause pourrait également être étendue aux préparateurs en pharmacie, bien qu’un autre amendement précise que seuls les pharmaciens titulaires ou adjoints seraient concernés par la préparation magistrale en officine.

D’autres propositions souhaitent remplacer la préparation magistrale par une spécialité pharmaceutique.
Autrement dit : un médicament létal préparé à l’avance, avec une dénomination et un conditionnement spécifiques, pour simplifier la procédure et réduire la charge pesant sur les pharmaciens.

Enfin, un amendement propose que l’ensemble de la chaîne — préparation, livraison, traçabilité, délivrance, retour — soit encadrée par décret en Conseil d’État, afin de sécuriser juridiquement la procédure.

Le débat est ouvert. Les représentants de la profession appellent à plus de clarté sur leurs responsabilités, dans un contexte à forte charge émotionnelle et réglementaire.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 6 janvier 2025


Le prix du Lucentis et de ses biosimilaires baisse à partir du 9 janvier 2026


Le prix des spécialités ophtalmologiques à base de ranibizumab — le Lucentis et ses biosimilaires — va baisser à partir du 9 janvier.

Le Lucentis 10 mg/mL en seringue préremplie passe de 368,79 € à 309,43 € TTC (hors honoraires de dispensation), soit une réduction de 16,1 %.

Ses biosimilaires sont également concernés :

  • Byooviz (Biogen),
  • Ranivisio (Teva Santé),
  • Rimmyrah (Orion Pharma),
  • Ximluci (EG Labo).

Leur prix baisse plus légèrement : de 312,08 € à 309,43 €, soit -0,85 %.

Ce n’est pas une première : en septembre 2025, Lucentis avait déjà subi une baisse significative de 64,76 €, contre 8,36 € pour les biosimilaires.

Ces médicaments sont utilisés en injections intraoculaires pour traiter des pathologies graves de l’œil :
dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), œdème maculaire, ou rétinopathie diabétique.

Depuis septembre 2024, le ranibizumab est inscrit sur la liste des groupes biologiques substituables.
Les pharmaciens d’officine peuvent donc substituer Lucentis par un biosimilaire, ou inversement, sans passer par le médecin.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 6 janvier 2025

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès à l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus 🚀, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

Votre espace Pharm6 💌

C'est 100% anonyme.

Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

Vous avez des questions ? Contactez nous sur insta (nous répondons plus vite que Mbappe) !


Unsubscribe · Preferences

Tout comprendre sur la pharma.