La FDA revient sur son refus et accepte d'examiner le vaccin antigrippal à ARNm de Moderna après une réunion de conciliation
Le bras de fer aura duré quelques semaines. Il se termine par un compromis.
Le 18 février 2026, Moderna a annoncé que la FDA avait finalement accepté de reprendre l'examen de son vaccin contre la grippe à ARN messager. L'agence américaine avait provoqué un choc dans tout le secteur en refusant, fin 2025, d'étudier le dossier. Motif invoqué : l'essai clinique d'efficacité ne lui convenait pas.
Le problème, c'est que cet essai avait été conçu en concertation avec la FDA elle-même, lors d'une consultation en 2024. Changer les règles du jeu après coup revenait à créer une incertitude ingérable pour l'ensemble de l'industrie. Un essai clinique coûte des centaines de millions de dollars : personne ne peut se permettre qu'il soit invalidé a posteriori.
Ce revirement de la FDA était lié à l'arrivée d'un nouveau responsable des vaccins, Vinay Prasad, connu pour ses positions critiques envers les méthodes des laboratoires. Il aurait été invité, ces derniers jours, à calmer la situation.
En échange de cet examen accéléré, Moderna s'engage à mener une étude complémentaire d'efficacité après la mise sur le marché, spécifiquement pour les seniors de 65 ans et plus. Pour les 50 à 64 ans, aucune donnée supplémentaire ne sera exigée.
La FDA s'engage à rendre sa décision d'ici au 5 août 2026. Si le feu vert est donné, le vaccin serait disponible pour l'hiver 2026-2027.
L'enjeu dépasse largement la grippe. Ce que vise Moderna, c'est surtout l'autorisation d'un vaccin combiné grippe + Covid en une seule injection. Pour y arriver, il faut d'abord décrocher l'AMM sur la grippe. Selon les analystes, ce combo pourrait représenter jusqu'à 30 % des revenus de la biotech d'ici quelques années.
Le jour de l'annonce, le cours de Bourse de Moderna a bondi de plus de 6 %.
Sources : Les Echos - 18 février 2026
La Drees alerte sur le risque d'une médecine à deux vitesses en cas de baisse des remboursements de santé
Comment réduire le déficit de la Sécurité sociale sans pénaliser les plus fragiles ? La question revient chaque année. La réponse, elle, n'est jamais simple.
Une étude de la Drees (l'institut statistique du ministère de la Santé) publiée le 18 février 2026 analyse l'impact d'un éventuel déremboursement des frais de santé. Plusieurs scénarios ont été simulés, tous calibrés pour dégager 1 milliard d'euros d'économies.
Deux leviers possibles : augmenter les franchises médicales (ce que le patient paie de sa poche) ou relever le ticket modérateur (la part non prise en charge par la Sécu, mais couverte par les mutuelles). Dans le premier cas, le patient paie plus. Dans le second, c'est sa mutuelle qui augmente ses tarifs.
Le constat est sans appel : dans les deux cas, les ménages les plus modestes seraient les plus touchés. En euros, ils paieraient moins. Rapporté à leur revenu, l'effort serait deux fois plus élevé que pour les ménages aisés.
La complémentaire santé solidaire (C2S), censée protéger les plus défavorisés, ne couvre pas tout le monde. Certains n'y recourent pas. D'autres gagnent juste au-dessus du seuil d'éligibilité.
Conséquence directe d'un remboursement plus faible : certains patients pourraient renoncer à se soigner correctement. Moins d'observance des traitements, moins de consultations. Un scénario préoccupant.
Pour rappel, l'Assurance-maladie prend en charge 80 % des dépenses de santé en France. Son déficit reste le plus important de toutes les branches de la Sécu : environ 17 milliards d'euros en 2025, et 14 milliards prévus en 2026.
Le gouvernement Bayrou avait envisagé une hausse des franchises. L'idée a été abandonnée face à l'opposition parlementaire. Elle reviendra.
Sources : Le Figaro - 18 février 2026