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Le Brief du 21/01 : Parlement européen | IA et maladie de Charcot | Substitution des génériques

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du mercredi 21 janvier 2026.

Vous êtes 3 765 à nous lire ce matin.

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Nous la trouvons bien mieux sur l’aspect interaction/commentaires et nous aimerions beaucoup pouvoir lire vos réflexions sur certains des sujets de nos briefs.

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L’Union européenne impose une production locale pour sécuriser l’accès à 249 médicaments critiques

Le Parlement européen a adopté ce 20 janvier une version renforcée de son règlement sur les médicaments critiques.

Une décision votée à 503 voix pour, avec pour objectif : réduire la dépendance pharmaceutique de l’Europe.

Ce texte concerne 249 molécules jugées stratégiques. Parmi elles, 92 % sont des génériques. Autrement dit, des traitements du quotidien, essentiels à grande échelle. Ces molécules représentent environ 30 % des prescriptions remboursées.

La principale mesure est claire : les achats publics devront désormais privilégier les médicaments dont au moins 50 % de la valeur provient de l’Union européenne. Cela inclut la production du principe actif ou celle du médicament fini. Ce critère remplace la formule floue de « part significative » prévue initialement.

Ce changement ne concerne que les marchés publics. Mais ils comptent : ils représentent près d’un tiers du marché remboursé. Concrètement, cela pourrait pousser les laboratoires à relocaliser une partie de leur production en Europe.

Autre obligation ajoutée : les appels d’offres devront retenir plusieurs fournisseurs. Une façon de limiter les risques en cas de rupture, et de réduire la concentration sur des sites uniques, souvent situés en Chine ou en Inde.

Le texte prévoit aussi un fonds européen pour aider les industriels à moderniser leurs usines. Une nécessité, notamment pour les fabricants de principes actifs, confrontés à des prix cassés par la concurrence asiatique. Aujourd’hui, seulement 35 % des principes actifs utilisés dans les génériques européens sont encore produits localement.

Une dernière mesure, plus sensible, impose la redistribution des stocks entre États membres en cas de pénurie. Ce partage était jusque-là volontaire. Il devient obligatoire.

Objectif : éviter que les stocks imposés dans les grands pays (comme la France) aggravent les ruptures dans les petits.

Les négociations vont désormais s’ouvrir avec la Commission européenne et les États membres. Le texte adopté par le Parlement leur servira de base. Les discussions s’annoncent tendues, notamment sur la gestion des stocks nationaux. Elles pourraient toutefois aller vite.

Sources : Les échos, Zonebourse - 20 janvier 2026


GSK rachète la biotech RAPT Therapeutics pour compenser la perte programmée de ses brevets clés

C’est une acquisition très surveillée dans le secteur.

Le 20 janvier 2026, le groupe pharmaceutique GSK a annoncé le rachat de RAPT Therapeutics, une biotech américaine spécialisée dans les maladies inflammatoires.

Le montant de l’opération n’est pas précisé, mais la prime versée sur le cours boursier est parlante : +65,2 %. GSK mise gros sur un médicament encore en développement, l’ozureprubart, actuellement en phase clinique avancée prévue pour 2027.

Pourquoi une telle urgence ? Parce que certains brevets majeurs du groupe arrivent à expiration, notamment dans le domaine du VIH. Ces traitements représentent environ 17 % du chiffre d’affaires actuel de GSK.

Le nouveau PDG, Luke Miels, joue ici sa première carte stratégique. L’objectif est ambitieux : faire grimper le chiffre d’affaires à 40 milliards de livres sterling, dans un contexte de concurrence accrue.

Ce rachat s’inscrit dans une tendance plus large. Selon la banque ING, 520 opérations de fusion ou acquisition pourraient avoir lieu en 2026, pour plus de 230 milliards de dollars. En cause : entre 200 et 250 milliards de dollars de ventes annuelles menacées par l’arrivée massive de génériques d’ici 2032.

Ce mouvement de consolidation est donc une forme de survie. Les grands laboratoires doivent renouveler leur portefeuille, et vite. Reste à voir si les promesses cliniques de l’ozureprubart seront tenues.

Les marchés, prudents, ont accueilli l’annonce avec un recul de 1,93 % du titre GSK.

Sources : Zonebourse, Reuters - 20 janvier 2025

Un diagnostic précoce permet de sauver des patients atteints d’encéphalites auto-immunes, souvent confondues avec des troubles psychiatriques

L’information est passée discrètement, pourtant elle pourrait changer de nombreuses vies.

Le 20 janvier 2026, une tribune parue dans Le Monde rappelle que certaines urgences psychiatriques sont en réalité… neurologiques.

En cause : les encéphalites auto-immunes, des maladies rares où le système immunitaire attaque par erreur le cerveau. La plus connue est celle liée aux anticorps anti-NMDA, qui affectent des récepteurs essentiels à la mémoire, l’apprentissage et l’équilibre mental.

Le point de départ est souvent déroutant. Ces pathologies se manifestent d’abord par des troubles psychiatriques aigus : agitation, anxiété, hallucinations ou délires. Le tableau clinique peut faire penser à une bouffée délirante, un épisode bipolaire ou une crise psychotique. Résultat : les patients sont d’abord dirigés vers la psychiatrie.

Ce n’est qu’après l’apparition de signes neurologiques — crises d’épilepsie, troubles moteurs, altération de la conscience — que la véritable cause est identifiée. À ce stade, le temps joue contre eux.

Car tout l’enjeu est là : la maladie est réversible si elle est diagnostiquée et traitée à temps. Plus le traitement est initié tôt, plus les chances de récupération sont élevées. À l’inverse, chaque jour de retard augmente le risque de séquelles durables : troubles cognitifs, handicaps neurologiques, ou même décès.

Le diagnostic repose sur un ensemble d’examens. L’analyse du liquide céphalo-rachidien révèle souvent une inflammation. L’IRM peut être normale, ce qui complique les choses. L’électroencéphalogramme montre des ralentissements de l’activité cérébrale. Mais c’est surtout la présence d’anticorps anti-NMDA qui confirme la maladie.

Le traitement n’est pas expérimental. Il repose sur des immunothérapies classiques : corticoïdes, immunoglobulines, échanges plasmatiques. Ces approches visent à calmer l’attaque du système immunitaire sur le cerveau. Dans certains cas, une cause tumorale est identifiée et doit être traitée en parallèle.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La mortalité se situe entre 5 et 10 %, souvent à cause d’un retard de prise en charge. Ces maladies touchent surtout les enfants et les jeunes adultes, au moment où leur vie démarre. Pourtant, avec un diagnostic précoce, les perspectives peuvent être transformées.

Sources : Le Monde - 20 janvier 2026

Une intelligence artificielle française redonne leur voix aux patients atteints de la maladie de Charcot

C’est une avancée technologique qui ne se contente pas de faire du bruit : elle le recrée. Le 20 janvier 2026, le laboratoire français Kyutai a dévoilé une intelligence artificielle vocale capable de restituer la voix d’un patient atteint de la maladie de Charcot.

Le système, baptisé Invincible Voice, permet à des malades privés de la parole de dialoguer à nouveau avec leur propre voix. Pas une voix de synthèse impersonnelle, mais un timbre fidèle, reconstruit à partir de dix secondes d’enregistrement audio.

La maladie de Charcot — ou sclérose latérale amyotrophique (SLA) — provoque une paralysie progressive des muscles, y compris ceux de la parole. Jusqu’ici, les solutions impliquaient souvent des implants cérébraux ou des systèmes de communication très lents.

Ici, aucun implant. Juste une combinaison de trois briques logicielles.
La première convertit la parole d’un interlocuteur en texte compréhensible par l’IA.
La deuxième génère une réponse personnalisée, nourrie par l’histoire et la personnalité du patient.
La troisième module cette réponse dans la voix originale du malade, avec ses intonations, ses émotions, ses silences.

Le résultat : une conversation fluide, avec une latence inférieure à une seconde. Le malade choisit sa réponse en cliquant avec un doigt, un mouvement des yeux ou tout autre geste résiduel.

Le projet a été développé en collaboration avec Olivier Goy, entrepreneur français atteint de la SLA. Sa voix a été recréée à partir d’un extrait de podcast, avant qu’il ne perde définitivement la parole.

L’outil est gratuit et mis à disposition en open source, ce qui signifie qu’il peut être librement modifié et adapté. Objectif : en faire un outil accessible aux 450 000 personnes atteintes de la maladie de Charcot dans le monde, mais aussi à tous les patients souffrant de troubles de la parole.

C’est une avancée silencieuse, mais fondamentale. Une manière de restaurer la dignité, l’identité et l’autonomie de ceux à qui la maladie a volé la voix.

Sources : Le Parisien - 20 janvier 2026

Les pharmaciens atteignent un taux record de substitution des génériques mais peinent encore sur les biosimilaires et hybrides

L’année 2025 a confirmé une dynamique engagée depuis trois ans : la substitution des génériques progresse nettement en officine. Avec un taux moyen de 86,4 %, les pharmaciens remplacent désormais près de neuf médicaments sur dix par leur équivalent générique lorsque cela est possible.

Certains mois dépassent même cette moyenne. Décembre a atteint 87,1 %, un record. La seule baisse notable a eu lieu en septembre, avec 85,3 %, en raison de l’arrivée de nouvelles molécules génériquées qui ont temporairement ralenti le rythme.

En 2025, douze nouvelles molécules ont été génériquées, représentant 92 millions d’euros de volume. Les performances sont très variables selon les médicaments. Le ticagrelor (Brilique) atteint 81,6 % de substitution, l’axitinib (Inlyta) plafonne à 62,4 %, tandis que le Loxapac, lancé en novembre, affiche à peine 14,4 % un mois plus tard.

La substitution progresse aussi du côté des biosimilaires, ces médicaments proches de traitements biologiques existants. La liste de substitution a été élargie en février 2025, notamment aux antifongiques. Résultat : le taux est passé de 36,7 % en début d’année à 54,5 % en octobre. Il a légèrement reculé en décembre à 52,2 %, là aussi à cause de nouvelles arrivées sur le marché.

Les écarts entre molécules sont flagrants. Le filgrastim et le pegfilgrastim flirtent avec les 97 % de pénétration, tandis que l’aflibercept, arrivé à l’automne, peine à dépasser 2,5 %. L’adalimumab, de son côté, reste stable autour de 74,1 %.

Enfin, les médicaments hybrides — des traitements proches des originaux mais avec des différences techniques — affichent un taux moyen de substitution de 39,6 %. Ce chiffre progresse lentement, avec une hausse de 0,9 point en novembre et décembre.

Ces chiffres montrent une chose : la pharmacie d’officine s’adapte, souvent en première ligne des évolutions du marché. Mais le défi de la substitution sur les segments complexes reste entier. Il dépendra en 2026 des politiques de prix, de l’accompagnement des prescripteurs, et de la pédagogie auprès des patients.

Sources : Le quotidien du pharmacien - 20 janvier 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès à l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

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