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Le Brief du 23/02 : Trump | Abivax | Cannabis thérapeutique

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Tout comprendre sur la pharma. 

Hello les amis 🫶,

Bienvenue dans le Brief Pharm6 du lundi 23 février 2026.

Vous êtes 3 940 à nous lire ce matin.

Ce matin, on vous explique aussi sur pharm6.fun ce que change pour la pharma la décision de la Cour suprême américaine d’invalider les droits de douane d’urgence de Donald Trump.​

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La Cour suprême américaine invalide les droits de douane d'urgence de Donald Trump, remettant en question 600 milliards de dollars d'investissements pharmaceutiques aux États-Unis

C'est un séisme juridique aux conséquences directes pour la pharma.

Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé, par 6 voix contre 3, que le président Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant la loi IEEPA pour imposer unilatéralement des droits de douane sur les importations américaines. Le juge en chef John Roberts a rappelé que seul le Congrès détient le pouvoir budgétaire.

Depuis un an, l'industrie pharmaceutique naviguait à vue face aux menaces tarifaires de la Maison-Blanche. Des accords commerciaux avaient été conclus avec l'Union européenne, le Royaume-Uni, la Suisse et le Japon, prévoyant un plafond de 15 % sur de nombreux produits importés, dont les médicaments.

Les génériques étaient largement exemptés. Le Royaume-Uni avait même obtenu une exemption totale sur ses produits pharmaceutiques, principes actifs et technologies médicales.

L'enjeu financier est colossal. Pour répondre aux pressions de Washington, 17 grands laboratoires ont annoncé au total 600 milliards de dollars d'investissements sur le sol américain, selon un décompte d'IQVIA. Beaucoup de ces projets sont déjà en phase de construction.

La décision fragilise aussi la stratégie de prix « nation la plus favorisée » portée par Trump. Les menaces tarifaires étaient le principal levier pour arracher des concessions aux grands groupes. Des accords de prix ont toutefois déjà été signés avec plus d'une douzaine de laboratoires. L'impact à long terme reste donc incertain.

Point important : la décision ne concerne que les droits de douane imposés via l'IEEPA. L'enquête sectorielle lancée dans le cadre du Section 232 (Trade Expansion Act), spécifiquement ciblée sur l'industrie pharmaceutique, n'a pas encore abouti à des taxes sur les importations de médicaments. Ce volet reste actif.

Trump a immédiatement réagi. Il a qualifié la décision de « profondément décevante » et annoncé un nouveau droit de douane mondial de 10 % via un autre mécanisme juridique.

La bataille commerciale continue. Pour la pharma, l'incertitude aussi.

Sources : Fierce Pharma – 20 février 2026


Ramsay Health Care envisage de distribuer ses 53 % dans Ramsay Santé à ses actionnaires pour se séparer de sa filiale française

Ramsay Santé pourrait bientôt voler de ses propres ailes.

Le 20 février 2026, le groupe australien Ramsay Health Care (RHC), actionnaire majoritaire à 53 % de la chaîne française de cliniques privées, a annoncé un projet inédit : distribuer gratuitement ses actions Ramsay Santé à ses propres actionnaires. Chacun déciderait ensuite de les conserver ou de les vendre.

Le contexte : depuis des années, l'australien cherche à se défaire de sa filiale française sans trouver d'acquéreur. Le co-actionnaire Crédit Agricole (40 %) ne souhaite ni monter au capital ni vendre. Le flottant en Bourse ne représente que 0,6 % du capital. L'action est quasi illiquide.

En 2022, un méga-deal avait échoué. Le fonds américain KKR voulait racheter RHC pour 14 milliards de dollars, mais l'opération avait buté sur un problème de concurrence : KKR détenait déjà 42 % d'Elsan, le principal rival de Ramsay Santé en France.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ramsay Santé affiche une perte nette de 54 millions d'euros, malgré un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros, 13 millions de patients traités et 292 cliniques réparties dans cinq pays. Le groupe est dans le rouge depuis plusieurs années, plombé par l'insuffisance des tarifs de la Sécurité sociale.

Le vote des actionnaires australiens est prévu en novembre 2026. Si l'opération est approuvée, la séparation serait finalisée en décembre. Les actions Ramsay Santé seraient cotées en Australie sous forme de certificats de dépôt.

La Bourse de Sydney a applaudi l'annonce. Côté français, Ramsay Santé y voit une opportunité de renouveau. Le directeur général Pascal Roché présentera les résultats semestriels le 25 février.

Le défi sera de convaincre les marchés. L'action a déjà perdu 38 % de sa valeur en cinq ans.

Sources : Les Echos – 20 février 2026

Les déficits des hôpitaux français atteignent 2,9 milliards d'euros, principalement à cause d'un sous-financement de l'État selon deux rapports officiels

Le diagnostic est posé. Et il est sévère.

Le 18 février 2026, les rapports de l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) et de l'IGF (Inspection générale des finances) ont été rendus publics. Leur conclusion : le déficit record des hôpitaux publics — 2,9 milliards d'euros en 2024 — ne s'explique pas par une mauvaise gestion. C'est avant tout un problème de sous-financement de l'État.

Le chiffre clé : 1,7 milliard d'euros de revalorisations salariales non compensées. Cela inclut les hausses liées au Ségur de la santé (2020), les revalorisations du point d'indice de la fonction publique, les indemnités de garde, de nuit et de week-end. Autant de mesures décidées par l'État… mais jamais intégralement financées.

Résultat : le déficit hospitalier s'est creusé d'un milliard supplémentaire par an au cours des deux dernières années. La situation est qualifiée de « gravité inédite » par les inspecteurs.

La Fédération hospitalière de France a salué ces conclusions. Elle alerte depuis des mois sur cette réalité. Elle regrette cependant que les rapports n'aient pas chiffré le sous-financement lié à l'inflation : pour la seule année 2024, elle estime le manque à 1,3 milliard d'euros supplémentaires.

Le ministère de la Santé, de son côté, assure que le problème est en voie de résolution. Les budgets 2025 et 2026 permettraient de compenser les mesures du Ségur. Un plan sur l'efficience hospitalière est annoncé pour la période 2026-2029.

Les rapports pointent aussi d'autres facteurs : une reprise d'activité post-Covid plus lente dans le public que dans le privé, une perte de 1,3 point de part de marché en médecine-chirurgie-obstétrique, et une dégradation de la productivité médicale.

Le signal d'alarme le plus préoccupant concerne l'avenir. Les inspecteurs estiment que le système hospitalier public devra faire face à une hausse de ses besoins de financement de 3 milliards d'euros par an en moyenne dans les prochaines années. En cause : le vieillissement de la population, les maladies chroniques, la formation de nouveaux médecins, et l'instauration d'un ratio minimum de soignants par patient.

Sources : Le Monde – 21 février 2026


Le cannabis thérapeutique pourrait être généralisé en France avant la fin de l'année 2026 après le lancement d'une concertation officielle

La généralisation approche.

Le 20 février 2026, le ministère de la Santé a confirmé le lancement d'une concertation publique sur le cannabis thérapeutique. Objectif : préparer le passage du cadre expérimental, en place depuis 2021, à un cadre de droit commun.

Le 18 février, la direction générale de la santé (DGS) a réuni industriels, associations de patients et représentants des pharmaciens. Un projet de décret leur a été présenté. Ils disposent d'un mois pour formuler leurs commentaires.

Le calendrier se précise. Le décret pourrait être adopté en juin 2026, après validation du Conseil d'État en mai. Un second décret, autorisant les laboratoires à commercialiser ces médicaments, est également attendu. Les dépôts de dossiers auprès de l'ANSM pourraient intervenir dès l'été, suivis d'une évaluation par la HAS à l'automne.

Le circuit de prise en charge sera particulier. L'évaluation se fera selon un modèle proche de celui des dispositifs médicaux. Le CEPS (Comité économique des produits de santé) définira un prix par ligne générique. Les laboratoires devront ensuite démontrer que leur produit correspond à l'une de ces lignes pour obtenir le remboursement.

Du côté des pharmaciens, une question reste en suspens : la marge. Aujourd'hui, les médicaments à base de cannabis sont en rétrocession hospitalière, avec un prix allant de 14 à 190 euros la boîte. Le pharmacien d'officine perçoit une rémunération fixe de 3,57 euros. La FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France) espère une revalorisation.

Sous réserve des avis réglementaires, les médicaments à base de cannabis pourraient être accessibles à tous les patients concernés d'ici la fin 2026.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien – 20 février 2026

Abivax présente les premières preuves d'activité anti-fibrotique de l'obefazimod dans les maladies inflammatoires de l'intestin au congrès ECCO 2026

Abivax frappe fort à Vienne.

Lors du 21ᵉ congrès annuel de l'ECCO (Organisation européenne de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique), la biotech française a dévoilé de nouvelles données précliniques et cliniques sur son médicament phare : l'obefazimod.

Le point marquant : c'est la première fois que l'obefazimod montre une activité anti-fibrotique. La fibrose, c'est l'accumulation de tissu cicatriciel dans l'intestin, une complication redoutée dans la maladie de Crohn. Jusqu'ici, aucun traitement ne ciblait efficacement ce mécanisme.

Dans un modèle de laboratoire sur cellules humaines, l'obefazimod a réduit d'environ 50 % un biomarqueur clé de fibrose active, le Pro-C3. Chez l'animal, les effets combinés anti-inflammatoires et anti-fibrotiques ont été confirmés : réduction de 65 % des scores d'ulcération et d'inflammation lorsque le traitement est administré tôt.

Côté sécurité, les résultats issus des essais de phase 3 ABTECT sont rassurants. Sur 1 272 patients randomisés, les taux d'effets indésirables graves étaient comparables entre le groupe traité et le groupe placebo. Les maux de tête, effet secondaire le plus fréquent, étaient généralement légers et ne duraient que deux à trois jours.

Les données d'efficacité clinique sont tout aussi encourageantes. Chez les patients atteints de rectocolite hémorragique modérée à sévère, une amélioration des symptômes a été observée dès la première semaine de traitement, avec une progression continue jusqu'à la huitième semaine.

Enfin, les analyses confirment le mécanisme d'action unique de l'obefazimod : la surexpression du micro-ARN miR-124, qui permet de rééquilibrer la réponse immunitaire sans bloquer complètement les voies inflammatoires.

Ces résultats renforcent la position d'Abivax dans la course aux traitements innovants contre les maladies inflammatoires de l'intestin.

Sources : Zonebourse – 21 février 2026

Le ministère de la Santé envisage d'interdire la vente de bonbons en pharmacie dans le cadre d'une révision de la liste des marchandises autorisées

Les bonbons au miel pourraient bientôt disparaître des comptoirs.

Le ministère de la Santé a sollicité la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France) pour une révision de la liste des produits autorisés à la vente en officine. L'essentiel est un toilettage sans bouleversement majeur : reformulations, changements de catégories, ajustements techniques.

Parmi les nouveautés envisagées : l'ajout des équipements de protection individuelle (EPI) dans les produits autorisés, un changement de catégorie pour les solutions pour lentilles, et la possibilité de vendre de l'alimentation vétérinaire à visée thérapeutique (croquettes incluses).

Le point sensible, c'est le retrait du pastillage : les bonbons vendus dans les espaces de vente des pharmacies. Une tradition que le ministère souhaite supprimer.

Le président de la FSPF, Philippe Besset, défend leur maintien. Certains font partie des compléments alimentaires. D'autres, comme les bonbons au miel, peuvent avoir un effet placebo utile, notamment pour éviter la prise de médicaments inutiles en cas de virus.

La FSPF a formulé une autre demande : pouvoir vendre les sacs réutilisables dans lesquels sont placés les médicaments, à 5 ou 10 centimes. Un geste écologique qui inciterait les patients à les réutiliser.

Les discussions sont en cours. Rien n'est encore tranché.

Sources : Le Quotidien du Pharmacien – 20 février 2026

C’est tout pour aujourd’hui !

On vous aime !!!

Belle journée ! et surtout KEEP GOING

M.C - Fondateur de Pharm6

Qui rédige ces briefs ?

Hello les amis, pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je me présente rapidement :

Je suis docteur en pharmacie et diplômé du Master de politiques publiques de Sciences Po Paris.

Ces dernières années, j'ai :

  • travaillé dans un cabinet de conseil en stratégie à Londres,
  • travaillé au sein des cabinets de deux ministres de la Santé.

J'ai ensuite créé Pharm6 pour démocratiser l’accès et la compréhension de l’actualité pharma en France.

Pharm6 grandit chaque jour un peu plus, mais j’essaie de rester au plus proche de vous, notamment via ce lien où vous pouvez m’écrire :

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Belle journée 🫶

M.C - Fondateur de Pharm6

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