La Cour suprême américaine invalide les droits de douane d'urgence de Donald Trump, remettant en question 600 milliards de dollars d'investissements pharmaceutiques aux États-Unis
C'est un séisme juridique aux conséquences directes pour la pharma.
Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé, par 6 voix contre 3, que le président Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant la loi IEEPA pour imposer unilatéralement des droits de douane sur les importations américaines. Le juge en chef John Roberts a rappelé que seul le Congrès détient le pouvoir budgétaire.
Depuis un an, l'industrie pharmaceutique naviguait à vue face aux menaces tarifaires de la Maison-Blanche. Des accords commerciaux avaient été conclus avec l'Union européenne, le Royaume-Uni, la Suisse et le Japon, prévoyant un plafond de 15 % sur de nombreux produits importés, dont les médicaments.
Les génériques étaient largement exemptés. Le Royaume-Uni avait même obtenu une exemption totale sur ses produits pharmaceutiques, principes actifs et technologies médicales.
L'enjeu financier est colossal. Pour répondre aux pressions de Washington, 17 grands laboratoires ont annoncé au total 600 milliards de dollars d'investissements sur le sol américain, selon un décompte d'IQVIA. Beaucoup de ces projets sont déjà en phase de construction.
La décision fragilise aussi la stratégie de prix « nation la plus favorisée » portée par Trump. Les menaces tarifaires étaient le principal levier pour arracher des concessions aux grands groupes. Des accords de prix ont toutefois déjà été signés avec plus d'une douzaine de laboratoires. L'impact à long terme reste donc incertain.
Point important : la décision ne concerne que les droits de douane imposés via l'IEEPA. L'enquête sectorielle lancée dans le cadre du Section 232 (Trade Expansion Act), spécifiquement ciblée sur l'industrie pharmaceutique, n'a pas encore abouti à des taxes sur les importations de médicaments. Ce volet reste actif.
Trump a immédiatement réagi. Il a qualifié la décision de « profondément décevante » et annoncé un nouveau droit de douane mondial de 10 % via un autre mécanisme juridique.
La bataille commerciale continue. Pour la pharma, l'incertitude aussi.
Sources : Fierce Pharma – 20 février 2026
Ramsay Health Care envisage de distribuer ses 53 % dans Ramsay Santé à ses actionnaires pour se séparer de sa filiale française
Ramsay Santé pourrait bientôt voler de ses propres ailes.
Le 20 février 2026, le groupe australien Ramsay Health Care (RHC), actionnaire majoritaire à 53 % de la chaîne française de cliniques privées, a annoncé un projet inédit : distribuer gratuitement ses actions Ramsay Santé à ses propres actionnaires. Chacun déciderait ensuite de les conserver ou de les vendre.
Le contexte : depuis des années, l'australien cherche à se défaire de sa filiale française sans trouver d'acquéreur. Le co-actionnaire Crédit Agricole (40 %) ne souhaite ni monter au capital ni vendre. Le flottant en Bourse ne représente que 0,6 % du capital. L'action est quasi illiquide.
En 2022, un méga-deal avait échoué. Le fonds américain KKR voulait racheter RHC pour 14 milliards de dollars, mais l'opération avait buté sur un problème de concurrence : KKR détenait déjà 42 % d'Elsan, le principal rival de Ramsay Santé en France.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ramsay Santé affiche une perte nette de 54 millions d'euros, malgré un chiffre d'affaires de 5 milliards d'euros, 13 millions de patients traités et 292 cliniques réparties dans cinq pays. Le groupe est dans le rouge depuis plusieurs années, plombé par l'insuffisance des tarifs de la Sécurité sociale.
Le vote des actionnaires australiens est prévu en novembre 2026. Si l'opération est approuvée, la séparation serait finalisée en décembre. Les actions Ramsay Santé seraient cotées en Australie sous forme de certificats de dépôt.
La Bourse de Sydney a applaudi l'annonce. Côté français, Ramsay Santé y voit une opportunité de renouveau. Le directeur général Pascal Roché présentera les résultats semestriels le 25 février.
Le défi sera de convaincre les marchés. L'action a déjà perdu 38 % de sa valeur en cinq ans.
Sources : Les Echos – 20 février 2026